MAINDREVILLE Remi de

DISCERNER À L'ÉCOLE DE MARIE
CHRISTUS N°268
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MAINDREVILLE Remi de
La veille suppose un cœur ouvert à ce qui advient. Marie, qui médite les paroles de son fils pour les relier à ses faits et gestes ainsi qu'à toute l'Écriture, illustre la veille comme un moment fondamental dans le discernement d'une vie à la suite du Christ. La veille est amoureuse. Le Cantique des cantiques en développe les harmoniques intimes et douces ! Le cœur qui aime n'en finit plus d'espérer, de guetter le moindre signe de celle ou de celui qui lui échappe au moment même où il la ou le trouve, étonné alors d'être aussi démuni bien que comblé d'un désir insaisissable qui ravive sans cesse sa quête. D'Abraham au veilleur de l'Apocalypse (Ap 3,20) : c'est dans cette attente du cœur humain que Dieu a choisi, de toute éternité, de se révéler à ceux qui le cherchent. Marie n'y fait pas exception. En elle, la veille devient une démarche de foi chrétienne. Face au trouble et à la crainte, le dialogue intérieur construit la confiance dans la parole féconde et salvatrice qu'elle reçoit : « Bienheureuse celle qui a cru… » (Luc 1,45), reconnaîtra Élisabeth en partageant sa joie. Mais l'humble consentement de Marie à la vie qui prend sa chair requiert aussi toute son attention, son cœur et sa patience, au service de la mission de ce fils qui parfois la désarçonne, mais nourrit sa foi. Et, en dépit de ses incompréhensions, elle est avec lui jusqu'à la Croix où tout s'éclaire. Accueillir la parole de Dieu qui sauve le monde et fait grandir le Royaume, c'est veiller en Église et...