Luc Mellet

L'ENFANT À NAÎTRE
CHRISTUS N°190
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Luc Mellet
Préf. D. Sicard. Ed. M.-H. Congourdeau. Migne, coll. « Les Pères dans la foi », 2000, 207 p., 90 F. Les Pères ont abordé la question de l'embryon en fonction de leur anthropologie. Telle est la première leçon à laquelle on sera conduit en méditant les extraits des traités Sur l'âme de Tertullien, La création de l'homme de Grégoire de Nysse ou les Ambigua à Jean de Cyzique de Maxime le Confesseur. On y trouvera encore Augustin d'Hippone ou Cassiodore Ces textes anciens nous montrent combien le regard biblique sur l'embryon est positif : il est un vivant, capable de vie spirituelle. Déjà, Jérémie se savait « connu et consacré dès le sein de sa mère », et les cousins Jean-Baptiste et Jésus tressaillaient de joie à la rencontre des leurs. Plus avant, les Pères soulignent abondamment que Dieu est le maître d'oeuvre qui façonne les corps et crée les âmes. Leur position sur les questions éthiques, comme l'avortement volontaire ou le statut de l'embryon, est donc relative à une vision de l'unité du composé humain : « En ce qui concerne l'existence de l'âme et du corps, le temps de la genèse est le même et simultané » (Maxime). L'âme et le corps ne forment ab initio qu'« une seule figure &ra...
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EXPÉRIENCE DE DIEU ET THÉOLOGIE MONASTIQUE AU XVIIE SIÈCLE
CHRISTUS N°189
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Luc Mellet
Préf. O. Boulnois. Cerf, coll. « Philosophie et théologie », 1999, 331 p., 183 F. L'auteur prend pour guide Aelred, abbé de Rievaulx entre 1147 et 1167, qui fut confronté à des besoins spirituels analogues aux nôtres. Ce « Bernard du Nord », enseignant ses jeunes novices, part de la conviction de la venue quotidienne du Christ dans les âmes. En effet, la vision chrétienne de la vie spirituelle n'appelle pas le croyant à une fuite du monde pour rejoindre la réalité suprême, au-delà du quotidien. Elle le pousse, bien au contraire, à découvrir la présence mystérieuse du Sauveur dans la vie, selon le verset de Jn 14,23 : « Si quelqu'un m'aime, il gardera mes paroles, mon Père l'aimera et nous viendrons à lui. » Il va de soi qu'aucune expérience de Dieu n'est possible « loin de lui ». Voir Dieu, pour la « théologie monastique médiévale », signifie en réalité être illuminé par lui. De là, le chrétien est appelé à développer les sens spirituels (sens intérieurs, sens du coeur ou de l'esprit), enracinés dans le goût de l'Ecriture et sa rumination par la pratique de la lectio divina. Cette « sagesse » spirituelle est liée à une conviction propre à...
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ABRAHAM
CHRISTUS N°187
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Luc Mellet
Introd. A.-G. Hamman. Trad. F. et J.-C. Qaven et alii. Migne, coll. « Les Pères dans la foi », 1999, 222 p., 90 F. Ce court traité de lecture spirituelle propose aux catéchumènes ou aux jeunes baptisés milanais une manière de vivre en chrétien, puis à ceux qui sont plus avancés dans la vie spirituelle, une manière de « décrypter les énigmes des Ecritures prophétiques ». Le lecteur moderne sera sensible à la figure d'Abraham, homme de foi par excellence qui a su entreprendre un vaste périple : quitter, sortir, partir d'Haran, ville étape en Haute-Mésopotamie, pour Hébron en Canaan et jusqu'en Egypte. Ainsi peut-il être perçu comme figure universelle de l'homme qui accepte un dépouillement intérieur dans sa quête de Dieu. Cependant Ambroise ne s'attarde pas au caractère pérégrinant de la vie d'Abraham. Soucieux de l'édification morale de son peuple, il prédse : « Changer de lieu ne suffit pas, il faut nous changer nous-mêmes. Nous désirons nous attacher au Christ ? Renonçons aux choses corruptibles, sujettes aux passions. » Pour cela, l'évêque invite chaque nouveau baptisé à « se tourner vers l'avenir pour suivre Dieu ». Devenir chrétien, suivre le Christ, pour Ambroise, est...
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PÈLERINAGES
CHRISTUS N°186
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Luc Mellet
Dir. P. Caucci von Saucken et alii. Desclée de Brouwer/Zodiaque, coll. « Présence de l'art », Î9991, 384'p., 390F. Savant et magnifiquement illustré, cet ouvrage se fait l'écho d'un colloque international de médiévistes tenu à Compostelle en. 1998. Un fait est certain . le pèlerinage est une donnée commune à toutes les religions. Mais qui est le pèlerin ? « Un voyageur qui a quitté sa demeure, pris la route vers un ailleurs, à la rencontte du mystère. » Au Moyen Age, le pèlerin chrétien fait l'expérience, en marchant vers Jérusalem, Rome ou Compostelle, de la transcendance de Dieu. Les nombreuses représentations de voûtes célestes nous l'indiquent, mais aussi la symbolique des montagnes saintes, lieux de la manifestation divine comme le Sinat ou le Thabor. Ainsi, l'homme médiéval marche « pour se rapprocher de Dieu », soutenu par l'intercession du saint patron du sanctuaire qui l'accompagne l'aidant à affermir sa foi, faire croître son espérance et pratiquer la charité. Le pèlerinage est un temps hors du temps habituel, un lieu (le chemin, Tailleurs) hors des lieux familiers. Aussi le pèlerin vit-il la condition de l'étranger devant compter plus sur la fraternité que sur ses seules forces. Son voyage, pédest...
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