Jean-Luc FABRE

Jésuite du Centre spirituel du Châtelard, à côté de Lyon. Il garde surtout, de son bref passage à Christus, la beauté du travail collectif et personnel pour la réalisation de chaque numéro. Chacun – rédacteur, membre du comité de rédaction, auteur, secrétaire de rédaction, maquettiste – joue avec efficacité sa partition propre qui trouve son sens dans le rassemblement du tout, au service des lecteurs et de leurs cheminements de vie.
A VOS RÉCITS POUR AIDER NOTRE COMMUNAUTÉ DE LECTURE
01 AVRIL 2020
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Jean-Luc FABRE
Au tout début de ma mission de rédacteur en chef, chers lecteurs, chers abonnés, je désire vous assurer du sens profond que revêt, pour moi, le lien qui s'établit entre vous et tous ceux qui contribuent à la production de la revue Christus. Je désire aussi vous partager mon engagement à chercher à faire croître ce lien. Cette revue, c'est votre revue. Elle n'a aucun sens en dehors de la relation avec vous. Elle se doit de vous aider concrètement sur votre chemin de vie, ainsi que dans votre mission éventuelle d'accompagnateur spirituel. Dieu parle à chacun de nous, à travers sa Parole, l'enseignement de l'Église, les sacrements ainsi que par les signes émis dans notre propre situation. Et nous avons à l'entendre, lui, en toutes ces dimensions (prière, réflexion, pratique liturgique, relecture de vie), à l'entendre d'une manière spirituelle à partir de notre liberté, forcément interprétative, confrontée qu'elle est à ces sources multiples. Entrer dans un cheminement spirituel à partir de notre existence demande, certes, de poser des décisions, de percevoir des enjeux de vie, de relire mais, en premier lieu, de contempler la situation, sa situation, de pouvoir la caractériser. Et beaucoup de la difficulté de la période actuelle est d'être conf...
Mots clés : Combat spirituel Expérience spirituelle Témoignage Vie spirituelle
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RAPPEL À DIEU DU PÈRE HENRI MADELIN
08 AVRIL 2020
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Jean-Luc FABRE
Le père Henri Madelin vient de nous quitter, comme beaucoup de personnes en ces jours. Henri était provincial de 1979 à 1985 et à ce titre m’a reçu dans la Compagnie comme une bonne cinquantaine d’autres jésuites. J’ai toujours perçu Henri comme un homme libre en attente de la réponse de l’autre pour à partir de là engager une conversation créative. Il a contribué à la Revue Christus, souvent pour donner le sens spirituel de l’air du temps. Henri a été aussi un « créateur de flux ». Un simple exemple : la mise en place d’une assemblée de province au centre spirituel du Chatelard après Noël. Un temps simple de convivialité où les échanges parfois vifs étaient contenus dans l’amitié et la prière commune. Cette action douce a beaucoup aidé la fraternité au sein de notre province. A l’exemple de son Seigneur, Henri a toujours cherché à simplement donner passage à la vie en l’autre, entre les autres, vers les autres, en sachant s’effacer. Merci Henri.
APPELÉS À VIVRE
CHRISTUS N°266
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Jean-Luc FABRE
Aujourd'hui, des pratiques de coaching « vocationnel » se développent et répondent au besoin d'aide pour trouver sa voie. Ce besoin est attesté chez les jeunes générations par une difficulté à affronter les grands choix de la vie et à s'engager durablement, à trouver leur « vocation ». L'origine de ce mot (vocatio, « action d'appeler ») permet de le définir d'abord comme un appel. En effet, chercher sa vocation, ce n'est pas s'inscrire dans un destin tracé d'avance, c'est encore moins appliquer la volonté d'un autre (homme ou Dieu) : c'est répondre à un appel intérieur à choisir, dans l'exercice d'une liberté éclairée, ce qui rend plus vivant. Le dictionnaire qui définit la vocation comme « l'appel de Dieu touchant une personne (ou un peuple) afin qu'il vienne à lui » fait écho à la tradition chrétienne et biblique. Dieu convie sa création pour la faire venir à la vie et entrer en dialogue avec elle ; les nombreux récits bibliques en sont témoins. La vocation est ainsi à envisager comme une dynamique vitale qui se joue au cœur de la relation entre l'homme et Dieu. La vocation artistique issue du plus profond de l'être illustre la force de ce mouvement intérieur. Pour tous,...
A VOS RÉCITS
CHRISTUS N°266
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Jean-Luc FABRE
Au tout début de ma mission de rédacteur en chef, chers lecteurs, chers abonnés, je désire vous assurer du sens profond que revêt, pour moi, le lien qui s'établit entre vous et tous ceux qui contribuent à la production de la revue Christus. Je désire aussi vous partager mon engagement à chercher à faire croître ce lien. Cette revue, c'est votre revue. Elle n'a aucun sens en dehors de la relation avec vous. Elle se doit de vous aider concrètement sur votre chemin de vie, ainsi que dans votre mission éventuelle d'accompagnateur spirituel. Dieu parle à chacun de nous, à travers sa Parole, l'enseignement de l'Église, les sacrements ainsi que par les signes émis dans notre propre situation. Et nous avons à l'entendre, lui, en toutes ces dimensions (prière, réflexion, pratique liturgique, relecture de vie), à l'entendre d'une manière spirituelle à partir de notre liberté, forcément interprétative, confrontée qu'elle est à ces sources multiples. Entrer dans un cheminement spirituel à partir de notre existence demande, certes, de poser des décisions, de percevoir des enjeux de vie, de relire mais, en premier lieu, de contempler la situation, sa situation, de pouvoir la caractériser. Et beaucoup de la difficulté de la période actuelle est d'être conf...
S'ABANDONNER
CHRISTUS N°267
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Jean-Luc FABRE
Le désir d'abandon spirituel naît parfois de la soif de s'alléger du poids d'une vie prise dans l'envahissante activité de l'esprit et du corps. Cette aspiration à trouver le repos en Dieu rejoint-elle celle du « lâcher-prise » que tant de personnes appellent de leurs vœux aujourd'hui ? L'abandon serait alors envisagé comme une voie pour sortir de l'occupation et plus encore de la préoccupation. Dans la tradition spirituelle, l'abandon ne consiste pas seulement à entrer dans une passivité pure mais à exercer une volonté dans laquelle Dieu se manifeste cependant. L'abandon est un « décentrement intérieur » mais pas pour autant un détachement de soi. Au contraire, il rend celui qui en vit pleinement présent à lui-même et au monde. Cependant la possibilité de s'en remettre à Dieu de la sorte dépend pour une grande part d'une expérience de confiance première. Car avoir été abandonné ou se sentir abandonné est une souffrance qui sape la capacité à s'en remettre en toute confiance à un autre ou au Tout Autre. Peut-être est-ce cela qui rend parfois difficile le chemin spirituel de l'abandon de soi ? Si le terme d'abandon n'apparaît pas comme tel dans la Bible, l'attitude qui consiste à s'en remettre à une volonté plus grande que soi la traverse. Elle est illustrée en une grande variété de récits et d'expériences et par d'innombrables figures, d'Abraham à Jésus lui-même. Dans une invitation à suivre Jésus Christ sur son chemin d'abandon, les Exercices spirituels ouvrent à une man...
LA VRAIE JOIE, LA VRAIE PAIX !
08 JUILLET 2020
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Jean-Luc FABRE
Le mal ne donne jamais la paix, il suscite d’abord de la frénésie et ensuite il laisse de l’amertume. La voix de Dieu, en revanche, ne promet jamais la joie au rabais: elle nous invite à dépasser notre moi pour trouver le vrai bien, la paix. Pape François
DANS LA TEMPÊTE GARDER LE CAP INTÉRIEUR
29 OCTOBRE 2020
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Jean-Luc FABRE
En ce jour-là, quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire : « Pars, va-t’en d’ici : Hérode veut te tuer. » Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et, le troisième jour, j’arrive au terme. Mais il me faut continuer ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Il me faut continuer ma route aujourd’hui. Il nous est donné de recevoir un passage poignant de l’Evangile qui manifeste combien Notre Seigneur a vécu notre condition humaine et notamment sur le chemin qui le conduit à la Croix. Dans ce passage de l’Evangile, Jésus, par le questionnement d’autres personnes, des pharisiens, doit manifester sa manière de se situer par rapport aux menaces qui planent sur lui. Et nous voyons que le Seigneur répond en engageant sa liberté selon sa propre promesse, celle de prophète. Il en accepte le quotidien, « aujourd’hui, demain et le jour suivant ». Il se reconnait dans un collectif dont il assume l’appa...
SOUVENIR D'UN JOUR DE COLÈRE
CHRISTUS N°269
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Jean-Luc FABRE
Témoignage Mon père, très âgé et grabataire, allait être réopéré, m'annonçait-on. La dernière opération ayant déjà entraîné de multiples et graves séquelles : infection microbienne, altération de la mobilité, perte de repères, il me semblait qu'il fallait annuler cette nouvelle intervention pour préserver son état de santé chancelant, d'autant que le gain escompté pour son confort de vie était bien minime. Lorsque j'avais appris la décision du chirurgien de procéder à l'opération après qu'il avait, disait-il, « recueilli » le consentement de mon père qui était déjà très amoindri dans ses capacités intellectuelles, j'avais fortement éprouvé l'injustice d'une décision usurpée et une poussée de colère m'avait soulevé : « C'est inacceptable ! » J'avais d'abord validé auprès d'amis du milieu médical mon intuition que s'abstenir de l'opération ne portait pas à conséquence pour la santé de mon père. Puis j'avais argumenté auprès des acteurs impliqués dans le processus de décision : les infirmiers de la maison de retraite et le médecin traitant. J'avais alors perçu que toute la chaîne de soin – infirmière, médecin, chirurgien – était sous la dépendance stricte du dernier maillon. J'étais aussi renvoyé sans cesse au fait que le consentement de mon père avait été donné. Au cours d'un bel échange avec celui-ci, j'avais obtenu de lui qu'il s'en remette à ma décision. J'avais alors entrepris de négocier avec le chirurgien. Mais aucune de mes tentatives de contact téléphonique n'ava...
EFFRONDREMENT OU RÉVOLUTION
CHRISTUS N°269
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Jean-Luc FABRE
Le Passeur, 2020, 304 p., 20,90 €. La crise socioécologique planétaire, dans laquelle nous sommes pris, conduit à « l'effondrement » de la planète et de tous ses habitants. Notre monde ne sera bientôt plus habitable. Cela suscite une grande diversité de pistes de réponse. Enjeu crucial pour l'humanité aujourd'hui : choisir la bonne piste. Le chemin singulier ici présenté, une « révolution spirituelle », mérite d'être considéré. Le véritable enjeu de fond selon William Clapier est de ne plus avoir une « conscience humaine anesthésiée » par la culture technocapitaliste de l'avidité et la cupidité. Pour cela, le lieu intérieur en chacun où se forgent pensées, idéaux et mentalités doit être réensemencé. Il s'agit de reconsidérer notre lien spirituel avec le vivant, d'entrer en contemplation, en écoutant la nature dans sa complexité, en coopérant avec elle. La contemplation, comme point d'appui archimédique, est l'incontournable fondement avant tout autre démarche pour œuvrer à la mutation socioécologique. Après cette entrée en matière, l'auteur décline alors sa proposition en prenant en compte la complexité de chaque personne et de l'humanité entière. Prise d'appui sur une anthropologie compatible avec la foi chrétienne mais ouverte aux autres sagesses, dans une démarche de « noodiversité » (en esprit de dialogue). Approche différenciée selon les âges (enfant ou adulte) pour entrer en contemplation. Élaboration d'un système de valeurs pour guider le déploiement de cette maniè...
CES INCONNUS INDISPENSABLES À NOS VIES
CHRISTUS N°269
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Jean-Luc FABRE
Une nouvelle année commence, mais sa nouveauté sera imprégnée de ce qui a marqué l'année qui s'achève : les deux confinements. Au printemps, nous croyions en la floraison utopique du « monde d'après ». Depuis l'automne, le risque d'un effondrement de certains pans de l'économie se profile, notamment le commerce de proximité remplacé par l'e-commerce qui prospère à la faveur même du confinement. Le travail et la consommation à distance se répandent dans tous les domaines de la société, isolant chacun encore un peu plus, nous privant de l'élément indispensable à nos vies que constituent les relations gratuites et informelles du voisinage, la présence des collègues et même celle anonyme de la foule. Par le manque, nous avons découvert qu'en plus de nos relations proches, toutes ces relations même lointaines et ponctuelles sont nécessaires à notre humanisation. Je deviens par la rencontre de l'autre, mais aussi par la cohabitation même anonyme avec lui. Ne plus avoir cette multitude de contacts éphémères nous isole, nous affaiblit, nous rend aussi vulnérables à la manipulation. Cette situation conduit à poser un nouveau regard sur l'Évangile. L'aventure de Jésus se vit en lien étroit avec ses disciples, ses proches, ses opposants certes mais aussi avec la foule, toujours là, versatile, émouvante, violente, atterrée mais aussi remplie d'espoir. Redécouvrons le regard d'amour que Jésus ne cesse de porter sur elle. Il l'accueille, la nourrit, pleure sur elle, l'invective, lui fa...
ENSEMBLE
CHRISTUS N°270
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Jean-Luc FABRE
Dans la presse d'un journal de province, annonce est faite que les résidents d'un Ehpad local ont été vaccinés sans séquelles. Sur les réseaux sociaux, un post évoque pourtant l'éventualité de plusieurs morts. À partir de cette information erronée, se déclenche sur les mêmes réseaux une avalanche de critiques envers la directrice de l'établissement. Un exemple, parmi d'autres, de cette funeste agitation actuelle, causée par une réception de l'information sans vérification, sans élaboration et sans constitution d'aucun collectif, si ce n'est celui de la « horde ». Veiller à l'exactitude des informations est certes bien nécessaire à la vie collective mais, plus encore, le travail en commun de leur réception. La démarche scientifique repose ainsi sur la mise en cohérence, à plusieurs, d'informations éparses dont l'agrégation donne lieu à une découverte. Un pan du réel soudain se révèle. C'est aussi un travail collaboratif de rassemblement d'informations multiples qui est à la base de notre foi dans la résurrection du Seigneur. Le récit des pèlerins d'Emmaüs l'atteste : « À leur tour, ils racontaient [aux disciples de Jérusalem] ce qui s'était passé sur la route et comment le Seigneur s'était fait reconnaître parmi eux à la fraction du pain » (Luc 24,35). Si mon apport conforte celui de l'autre, il nous est donné d'accéder, ensemble, à une réalité commune, plus large, plus profonde, qui s'offre alors. Cette entrée devient promesse de vie pour tous. « À vous d'en être témoins ...
RISQUES ET DÉRIVES DE LA VIE RELIGIEUSE
CHRISTUS N°270
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Jean-Luc FABRE
Préface de Mgr José Rodríguez Carballo, Cerf, 2020, 448 p., 24 €. L'écoute en profondeur de victimes a suscité la réflexion puis l'écriture de ce livre. Il est le fruit de nombreux échanges et confrontations. Le titre situe le propos. Il s'agit de déployer la visée de la vie religieuse en reconnaissant la nécessité de la prise de risques (sans elle pas de liberté et pas de vie religieuse) ainsi que l'attention à porter aux dérives qui peuvent apparaître dans ce cheminement. Son aspect parfois touffu est la conséquence du parti pris : considérer les diverses situations de la vie religieuse (majoritairement cloîtrée) et, à chaque fois, situer l'enjeu de liberté, pointer ce qui peut s'y passer comme dérives, montrer comment cela peut se dégrader jusqu'à la perversion. L'approche prend en compte l'ensemble des acteurs : le religieux, le supérieur ou l'accompagnateur, mais aussi la communauté en son entier ainsi que le visiteur canonique. C'est ce réseau relationnel qui permet le respect de la liberté de chacun, encore faut-il que chacun y soit à sa place et assume une juste parole. Dans ses recommandations finales, Dom Dysmas de Lassus, prieur de la Chartreuse, le présentera comme la pièce maîtresse du système immunitaire de la vie religieuse. Les diverses dimensions de la vie religieuse sont alors balayées en pointant les dérives possibles. Tout repose pour la vie religieuse, ancienne ou nouvelle, sur un amour passionné du Christ, cet enthousiasme gros de risques mais sans l...
CEUX QUI OUVRENT UN AVENIR
CHRISTUS N°271
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Jean-Luc FABRE
La pandémie n'a pas fini son travail de transformation de notre monde. Mais, déjà, elle nous replonge collectivement dans le bain de l'Histoire, tout à la fois incertaine et transformante. Celle-ci ne peut aller sans les crises, ni sans leurs corollaires de vie : la nécessité et la possibilité de mobiliser des libertés humaines. Par ailleurs, l'Histoire et les événements passés résonnent à nouveau en nous, avec leurs moments où la liberté d'un homme se dresse et entraîne celles des autres, comme ce fut le cas du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Chose étrange, la même dynamique est à l'œuvre dans l'Évangile.Au moment crucial où les foules commencent à le quitter, Jésus s'adresse aux disciples (Marc 10,32-45). Il annonce ce qui va lui arriver : trahison, abandon, échec et mort mais aussi résurrection. Ce sens déployé et assumé lui donne de susciter et recevoir les libertés des autres telles qu'elles s'expriment, aussi bien celles de Jacques et de Jean qui rêvent de gloire, que celles, envieuses, des autres Apôtres. Chacun reçoit une parole pour s'orienter, l'offre d'un avenir propre, inclus dans l'avenir collectif. Le groupe surmonte ainsi l'épreuve et s'ouvre à son devenir.Au cœur de la crise, sachons simpl...
TRAVERSER L'ADVERSITÉ
CHRISTUS N°271
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Jean-Luc FABRE
Éditions Vie chrétienne, 2021, 72 p., 11,50 €.Dans ce petit ouvrage, Anne-Isabelle Lacassagne propose à chacun une manière de traverser l'adversité qui l'assaille à partir d'une lecture stéréophonique des grandes étapes de toute épreuve, en donnant, à chaque fois, les moyens d'inventer une parole personnelle d'interprétation. À chacun des moments de cette traversée (la chute, la plainte, l'ouverture à la signification puis le chemin de la confiance et enfin le temps de l'après, celui de la mémoire), l'auteure met en œuvre un dispositif interprétatif qui repose sur la même démarche : lire des fragments de récits de malades ainsi que de courts extraits des prophètes de l'Exil. De cette lecture sont proposées des interprétations, des mises en parallèle. Se crée ainsi pour le lecteur un espace de sens potentiels où il peut se risquer à interpréter pour lui-même les divers moments de sa propre épreuve, qui va bien au-delà de la simple maladie. Un livre bref mais à la lecture longue, car conduisant naturellement à la méditation personnelle.
S'INFORMER
CHRISTUS N°272
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Jean-Luc FABRE
En 2021, le grand événement de la famille ignatienne en France sera le rassemblement à Marseille, à la Toussaint, du 30 octobre au 1er novembre. Son thème « Au large, avec Ignace ! Tous saints – Marseille 2021 » invite à aller au large, à la découverte des signes de fraternité dans notre monde bouleversé dans la rencontre de la diversité des habitants, de la diversité ecclésiale également.Cet événement français s'inscrit dans l'année ignatienne 2021-2022 dont le thème mondial est de « voir toute chose nouvelle en Christ ». À l'image de ce qu'a vécu Ignace vers la fin de son séjour à Manrèse où il a découvert que le Seigneur voulait faire de lui son ami en toute liberté, à travers une relation dialogale basée sur le discernement, il nous est proposé de réinventer notre manière d'être pour répondre de manière renouvelée à la situation qui est la nôtre, personnellement mais aussi communautairement et socialement.C'est aussi un temps pour célébrer ensemble et découvrir les différents visages de la famille ignatienne. La revue Christus aura un stand et notre équipe sera heureuse de vous y rencontrer, d'échanger sur l'int&ea...
UNE HISTOIRE RESTAURÉE
CHRISTUS N°274
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Jean-Luc FABRE
Une famille, c'est un rythme, une danse toujours en mouvement avec des rapprochements, des éloignements, des rencontres, des séparations, des retours, des pertes… Les moments forts de la vie de la famille, bien plus que les naissances ou même les mariages, ce sont les deuils. Est-ce dû au caractère impromptu de ceux-là qui nous arrache à notre quotidien ? Peut-être est-ce davantage dans l'effet de rassemblement que produit la perte vécue et parlée collectivement. Le groupe éploré et rassemblé essaie de se souvenir, de rendre vivant à sa mémoire ce qui est perdu, en le partageant. Le questionnement de l'un est alors comblé par la réminiscence de l'autre, un troisième apporte soudain un complément et tous se retrouvent en une remémoration vivante ou doivent faire face à un manque irrémédiable qui fait que nous ne saurons jamais ce qu'il en a été. Mais c'est une perte vécue à plusieurs et, pour cela, rendue plus paisible. Ce travail de la mémoire ouvre aussi parfois, au-delà de la simple réminiscence, à une nouvelle intelligence de ce qui a été vraiment vécu, spécialement dans la grande famille. Chacun apporte une part bien connue de son cercle familial : ce morceau de tessère s'imbrique alors à celui d'un autre cercle et un sens nouveau apparaît. Ainsi, le partage d'une blessure vécue au début du mariage de mes parents, où mon grand-père paternel déclara abruptement, et sans raison, à son fils tout jeune marié (celui-là même qui allait devenir mon père) que, puisqu'il était...