Jacques Fédry

LA DÉCISION DE CONVERSION
CHRISTUS N°253
-
Jacques Fédry
    Toutes nos décisions, petites ou grandes, devraient être un lieu de la rencontre avec Dieu, en d’autres termes, de conversion. Dans cette perspective, il n’y a pas de décision qui ne soit d’importance. Être mus par un grand désir de voir nos vies s’ordonner, voici donc la condition pour tirer pleinement profit de la démarche des Exercices spirituels. L’acte essentiel d’une existence humaine, c’est de se décider. En latin, decÄ«dere (avec un i long sur la deuxième syllabe) signifie «détacher en coupant», « couper », « retrancher ». Maurice Blondel a bien exprimé la perte inhérente à tout choix : « On ne marche, on n’apprend, on ne s’enrichit qu’en se fermant à toutes les voies, sauf une, et qu’en s’appauvrissant de tout ce qu’on eût pu savoir et gagner autrement. »  La décision est la mise en oeuvre de ce que nous avons de plus précieux, de spécifiquement humain, notre liberté : ce lieu où, comme dit Edith Stein (sainte Thérèse Bénédicte de la Croix) nous pouvons « rassembler tout notre être et nous décider ». Une existence humaine n’a de valeur que celle de ses décisions. Tout le reste n’est que de la bourre de rempl...
Mots clés : Saint Ignace de Loyola Spiritualité ignatienne Conversion Conscience Conduite du changement
Lire la suite
PUISSANCE DE L’INVOCATION DU NOM DE JÉSUS
CHRISTUS N°263
-
Jacques Fédry
Si le nom d’une personne en est un constituant essentiel, alors son invocation dans la prière peut être efficace. Invoquer le nom de Jésus et consommer son corps eucharistique, voilà deux manières complémentaires de communier à sa vie. Si, comme l’Afrique nous aide à en prendre mieux conscience, notre nom est bien un constituant essentiel de la personne, notre moi vocal et relationnel, alors l’invocation du nom dans la prière peut être efficace. Invoquer le nom de Jésus, son moi vocal, et consommer son corps eucharistique, son moi corporel, voilà deux manières complémentaires de communier à sa vie. La prière du cœur (« Jésus, Fils de Dieu sauveur, prends pitié de moi pécheur »), répétée au rythme de la respiration, pacifie et unifie notre cœur. Elle est une force dans le combat spirituel. « Le nom, c’est l’homme », dit un proverbe burundais (Izina ni ryo muntu)1. Mon nom, c’est mon moi vocal, social, relationnel. C’est un connecteur de relation. En sa face signifiante, le nom n’est rien d’autre qu’une vibration sonore émise par une bouche et perçue par des oreilles : sans cet enracinement corporel, le nom n’est plus rien, tout comme la parole, désignée dans ma...