Henri Laux

L'ENJEU SPIRITUEL DU MOMENT PRÉSENT
CHRISTUS N°191
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Henri Laux
« Nous ne nous tenons jamais au temps présent », écrivait Pascal il y a déjà plus de trois siècles 1. Préoccupés que nous sommes par ce qui a été ou sera peut-être, nous finissons par être absents du temps qui est le nôtre. Mais alors, où sommes-nous en réalité ? Quelle est cette vie à ce point inquiète d'elle- même qu'elle s'épuise entre tant de moments qui lui échappent ? N'y a-t-il pas à revenir à son présent ? A retrouver toujours ce point unique d'où procède le renouvellement de toutes choses ? Le temps de la vie Qu'il ne soit pas facile de vivre au présent est une expérience bien commune, en effet. On s'attache au passé et à l'avenir quand le présent est trop inconfortable. Avec nostalgie, on tend à retrouver les moments les plus heureux de la vie : on se complaît dans les souvenirs d'un paradis perdu que l'on rumine indéfiniment. Ou bien on se projette dans un futur idéalisé dont on attend une situation meilleure. On rêve, on est ailleurs. Les images finissent par se substituer à la réalité. On s'y attache, et l'attachement prend le sens d'un asservissement. Le présent est comme arrêté, paralysé : il disparaît. Mais s'il disparaît, que reste-t-il...
Mots clés : Jésus-Christ Temps
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LA CONNAISSANCE MYSTIQUE, DE FRÉDÉRIC NEF
CHRISTUS N°264
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Henri Laux
Cet ouvrage représente une somme tout à fait considérable d'informations et de discussions concernant l'histoire et le statut de la mystique. Il se compose de deux parties. La première, « Émergences, efflorescences et résurgences de la mystique » est d'orientation plus « génétique » : elle montre que la mystique occidentale est l'addition de trois courants (théophanique ou apocalyptique, philosophique et contemplatif, ascétique et monastique), qu'elle s'affirme en quatre stades (protomystique biblique et philosophique, mystique spéculative, mystique psychologique, métamystique), elle explicite ensuite les relations entre théologie et mystique, elle critique enfin la réduction de la mystique à un discours ou à des présupposés métaphysiques, dans un certain postmodernisme. La seconde partie, « La connaissance mystique », est d'orientation plus « épistémique ». Plus touffue et difficile à suivre dans sa ligne directrice, semble-t-il, elle examine la relation entre théologie négative et théologie mystique, puis la contemplation en tant que connaissance expérimentale, enfin la perception comme composante sensorielle de la contemplation. Une centaine de pages d'annexes évoquent trois thématiques : a...