Guillaume de Saint-Thierry

LA LECTURE ET LA MÉDITATION
CHRISTUS N°187
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Guillaume de Saint-Thierry
  Jusqu'à la fin du Moyen Age, et très particulièrement dans la tradition monastique, la lecture avait pour objet l'Ecriture Sainte, Ancien et Nouveau Testament, et ses commentaires patristiques. Cette "lectio divina" était tellement liée à la méditation et à la prière qu'elle était rangée au nombre des "exercices spirituels", par opposition aux "exercices corporels" que sont les jeûnes, veilles et travaux manuels. "Exercice", c'est-à-dire lecture méthodique, quotidienne, orientée vers l'éveil de l' "affectus", affections spirituelles qui portent à l'amour de Dieu. Si l'on adonne à la lecture, écrivait un contemporain de saint Bernard, "que ce soit moins pour la science que pour la saveur (non tam scientiam quam saporem)", selon une expression qui deviendra classique. A cette même époque, Guillaume de Saint-Thierry, ancien abbé du monastère du même nom, près de Reims, et ami de saint Bernard, soutient la ferveur des chartreux installés récemment dans les Ardennes voisines et leur laisse un écrit : la Lettre aux Frères du Mont-Dieu (1144)1, mieux connue sous le nom de Lettre d'or, dont  l'influence sur la spiritualité médiévale sera considérable. Dans cette lettre, Guillaume montre bien le but de la lectio divina : limitée &ag...
Mots clés : Affectivité Bible Charité Corps Evangile Grâce Jésus-Christ Méditation
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