Franck Réthoré

LES VISIONS DE RAPHAËL
CHRISTUS N°205
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Franck Réthoré
Liana Levi, coll. « Opinion », 2003, 141 p., 15 €. Adulé par ses contemporains, peintre quasi officiel de la cour pontificale (trouvant en Jules II une oreille amie), mais écarté de nos jours comme héritier d'une harmonie par trop lisse et académique, Raphaël fut cependant, durant sa courte vie, animé d'un sentiment religieux à l'écoute des prémices réformistes de l'époque. Daniel Arasse nous indique le cheminement de ce sentiment par l'analyse consciencieuse de plusieurs tableaux — analyse à travers laquelle il pose deux questions : comment l'âme rencontre le surnaturel et quels moyens picturaux sont mis en œuvre par Raphaël pour en rendre compte ? Ces œuvres offrent toutes des visions béatifiques. Les deux premières, Sainte Catherine et Sainte Cécile, exposent sans conteste un rapport néoplatonicien de l'homme à Dieu : rien ne doit détruire l'équilibre d'action des deux mondes, et c'est le sage (visionnaire ou non), par la puissance vertueuse de son pur intellect, qui accomplira l'extase divine. L'auteur nous montre ensuite un lent glissement de pensée chez Raphaël dans la dernière vision analysée, la Transfiguration (1520) : la représentation béatifique se transforme par l'intrusion d'un nouvel élément : le divin amour. Nous passo...
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LA CHAIR ET LA LUMIÈRE
CHRISTUS N°194
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Franck Réthoré
Desclée de Brouwer, coll. « Littérature ouverte », 2001, 150 p., 13,57 €. En retraçant, sous la forme d'une suite de petits tableaux « au quotidien », la vie de Georges de La Tour, l'auteur nous initie aux raisonnements créateurs du peintre. Il nous en donne une perception intérieure, esquissant dans un style retenu le dialogue mystique du peintre entre le corps, la lumière et la nuit Nous est alors révélée une sorte de mouvement trinitaire : la lumière doit manifester le corps à travers la nuit. L'ombre devenant la mort à apprivoiser (« j'aime la nuit pour ce qu'elle révèle et non pour ce qu'elle cache »), celle-ci retrouve alors d'elle- même sa finalité sacrée . « Elle en sanctifie (.. ) notre chair » Christian Birgin nous montre combien une recherche authentiquement personnelle a toujours, pour un chrétien, un sens universel De « l'ombre à chasser de moi », on en vient à un « jour qui pénètre les âmes pour y chasser la nuit ». Le peintre, loin de tout isolement, donne un sens apostolique à son travail, au contact direct de notre condition humaine, fût-elle de ténèbres comme ici
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ZURBARAN & SUR LA TERRE COMME AU CIEL, ZURBARAN
CHRISTUS N°190
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Franck Réthoré
Zurbarân, Trad. C. de Montclos. Gallimard, coll. «  Maîtres de l'art », 1999, 149 p., 280 F. Sur la terre comme au ciel, Zurbaran, Le retable de Jerez de la Frontera. Marne, coll. « (In certain regard », 1999, 141 p., 198 F. Dans sa monographie sur Zurbarân, Arsenio Moreno montre bien comment, d'emblée, le grand peintre sévillan (1598-1664) s'est inscrit dans le cadre du concile de Trente qui prônait le recours à la beauté pour traduire et établir la présence divine : l'image est alors considérée comme un argument déclaré du discours de l'Eglise catholique. Pour Zurbarân, au contraire d'un Vélasquez, son contemporain, il semble bien que peindre soit du même ordre que communier ou prier. Sa manière ne tend pas à nous faire partager les mouvements de sa passion, mais à nous en offrir l'aboutissement. Ainsi présente-t-il dans ses compositions une succession de formes ordonnées qui ne heurtent jamais le regard. En ce sens, on pourrait y déceler un aspect presque français, par ce souci d'une claire vision où chaque tableau est le fruit d'additions géométriques : pureté de lignes, douce tension de l'ensemble harmonie de la composition, sans tapage mièvrerie ni grandiloquence Peinture en quête de simplicité, d'une théâtralit...
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2000 ANS D'ART CHRÉTIEN
CHRISTUS N°181
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Franck Réthoré
CLD, 1997, 473 p., 270 F. Tenter une compréhension totale de deux millénaires d'art ocddental voué au christianisme, des catacombes à nos jours, relève d'un travail herculéen. D'ailleurs, l'auteur ne s'y risque pas, qui préfère centrer son étude sur l'art roman, gothique et renaissant, en France et en Italie et poser des jalons évocateurs pour les autres époques. Cependant, on se rend bien compte que l'art a toujours été le témoin direct de la pensée religieuse de l'homme et de son époque, tant sur le fond que dans la forme. Toujours, l'art a su adapter son langage pour toucher le peuple et retranscrire sa foi réelle. On peut penser que l'Eglise, gardienne de la foi et forte de son autorité spirituelle, a pu eue tentée d'imposer des vues unilatérales. Or, à parcourir le livre d'Emile Berthoud, se dégagent clairement un sentiment de liberté, une étonnante diversité dans la façon d'appréhender la vérité. Loin d'être enserrée par les oeillères dogmatiques, la foi a su donner à l'art son élan, son mouvement perpétuel. Parce qu'il fut en un sens limité, l'art a abondé Le reproche que l'on pourrait faire à l'auteur, c'est de trop confondre art chrétien et art sacré. De l'art du XX' siède o&u...