FERRARONI Tiziano

IGNACE DE LOYOLA ET LA VOLONTÉ LIBÉRÉE
CHRISTUS N°267
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FERRARONI Tiziano
S'abandonner, c'est aussi trouver le moyen d'accorder sa volonté propre à celle de Dieu. Mais faire la volonté de Dieu, qu'est-ce à dire ? L'exemple d'Ignace de Loyola, homme de forte volonté, indique un chemin où la volonté de l'homme se trouve fécondée dans la relation intime au Seigneur. Prenez, Seigneur, et recevez, Toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté ; Tout ce que j'ai et possède ; Vous me l'avez donné ; à vous, Seigneur, je le rends. Tout est vôtre, disposez-en selon votre entière volonté. Donnez-moi de vous aimer, Donnez-moi votre grâce, celle-ci me suffit1. Comment conjuguer cette prière, emblème de la radicale remise de soi dans les mains d'un Autre, avec la personnalité laborieuse et résolue de son auteur, Ignace de Loyola ? Comment articuler la disposition intérieure d'offrande de soi, visée par ces mots, au fait qu'ils sont suggérés au retraitant qui s'apprête à terminer sa retraite et à regagner le monde pour donner chair à l'élection faite ? Ces interrogations renvoient à l'ancienne, et jamais achevée, question concernant la place de la passivité et de l'activité dans la vie spirituelle, question qui fait écho aussi à celle concernant la manière d'intégrer la volonté de Dieu dans la sienne. Tôt ou tard, tout croyant se trouve confronté à ces questions, souvent lorsque la volonté de Dieu semble ne pas correspondre à la sienne propre. Alors l'invocation « que ta volonté soit faite » acquiert tout son poids. Il n'est plus possible...