Fenelon

SORTIR DU BOURBIER
CHRISTUS N°188
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Fenelon
Quand on est bien abandonné à Dieu..., on est aussi tranquille sur le passé que sur l'avenir. On suppose de soi tout le pis qu'on peut en supposer, mais on se jette aveuglément dans les bras de Dieu ; on s'oublie, on se perd, et c'est la plus parfaite pénitence que cet oubli de soi-même : car toute la conversion ne consiste qu'à se renoncer pour s'occuper de Dieu. Cet oubli est le martyre de l'amour-propre : on aimerait cent fois mieux se contredire, se condamner, se tourmenter le corps et l'esprit que de s'oublier. Cet oubli est un anéantissement de l'amour-propre, où il ne se trouve aucune ressource. Alors le coeur s'élargit ; on est soulagé en se déchargeant de tout le poids de soi-même dont on s'accablait ; on est étonné de voir combien la voie est droite et simple. On croyait qu'il fallait une contention perpétuelle et toujours quelque nouvelle action sans relâche ; au contraire, on aperçoit qu'il y a peu à faire ; qu'il suffit, sans trop raisonner ni sur l'avenir ni sur le passé, de regarder Dieu avec confiance comme un père qui nous mène dans le moment présent comme par la main. Si quelque distraction le fait perdre de vue, sans s'arrêter à la distraction, on se retourne vers Dieu, et il fait sentir ce qu'il veut. Si on fait des fautes, on en fait une pénitence qui est une douleur toute d'...
Mots clés : Contemplation Dieu Mystique Paix Providence
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