Emmanuelle Giuliani

LE GOSPEL AFRO-AMÉRICAIN
CHRISTUS N°185
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Emmanuelle Giuliani
Actes Sud/Cité de la musique, coll. « Musiques du monde », 1998, 151 p., 120 F. Gospel, spiritual, hymne. . Le profane se perd un peu dans la classification pourtant très précise de cette musique vocale afro-américaine. Le petit ouvrage de Denis- Constant Martin a d'abord le mérite de parcourir pour le lecteur et l'auditeur (un CD est joint, illustrant les propos de l'auteur) l'histoire de cette musique irréductiblement liée à celle des esclaves noirs-américains et de leurs descendants. Mais, au-delà, il monue très bien comment le chant collectif, qui unit le pasteur et l'assistance, participe intimement de l'acte de foi le plus authentique. La souffrance et cependant l'espoir, une énergie invincible même dans les événements les plus humiliants et douloureux irriguent cette expression musicale vibrante et libérée, trop souvent édulcorée dans nos liturgies policées ou lorsque le show-business s'en mêle. « Le chant occupe une place centrale : il est le moyen de la prière, il prépare et continue le sermon qui, lui-même, n'est pas sans dimension musicale (...) Il les soude [les fidèles] dans un idiome qui manifeste leur appartenance commune à une culture de groupe. »
Mots clés : Livres
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BEAUTÉ ET RÉVÉLATION EN MOZART
CHRISTUS N°181
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Emmanuelle Giuliani
Préf. et trad. M.-C. Coleman. Parole et silence, 1998, 162 p., 89 F. Cet ouvrage illustre une pensée essentielle qui en oriente toute l'analyse et la réflexion : le génie créateur de Mozart ne se comprend vraiment qu'« à la lumière de la foi en tant que présence impérieuse de la grâce au coeur de l'homme ». Derrière cette idée agit d'ailleurs la conviction que la vraie beauté dans l'art ne peut être que la beauté de Dieu. L'exposé, rédigé avec simplicité et ferveur, s'articule en deux grands moments. L'un, diachronique, décrit le « Dieu de Mozart » au cours des trois temps d'une chronologie de l'oeuvre et d'une biographie de l'homme, et suit les traces d'une foi sur une esthétique telle que la manifeste notamment son attitude face à la mort. L'autre synchronique, révèle le « Mozart de Dieu » en décelant dans quelquesunes de ses compositions religieuses ou dramatiques trois expressions de la grâce divine : le don du fils, la miséricorde du père et l'altruisme de la femme. La démonstration est double : elle s'appuie, du côté de l'analyse musicale, sur des spédalistes de renom comme Jean-Victor Hocquard, et, du côté de la réflexion théologique, sur la production de Hans Urs von Balthasar. A l...