COMBET-GALLAND Corina

L'ART DE CUEILLIR L'HEURE MÛRE
CHRISTUS N°268
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COMBET-GALLAND Corina
Être veilleur, c'est aussi être capable de saisir le juste moment, le kairos. L'auteure illustre ici cette aptitude incarnée par Jésus lui-même, lors de deux rencontres avec des femmes. C'est sous le couvert de deux arbres que j'aimerais abriter ma réflexion biblique sur la veille. L'un, évoqué dans l'article prédécent, précède l'heure du printemps et, ainsi, l'annonce et l'engage : c'est l'amandier, shaqed en hébreu, littéralement « qui veille » ou « qui s'éveille », que Dieu fait voir à Jérémie lorsqu'il l'appelle pour prophète, lui qu'il avait façonné et choisi dès le ventre de sa mère. La branche d'amandier est le signe que « je veille [shoqed], dit Dieu, sur ma parole pour l'accomplir » (Jérémie 1,11-12). Le second est un figuier. Jésus le croise le lendemain de son entrée royale à Jérusalem, quand il monte au Temple dont il va chambarder le commerce pour le rendre à la prière de toutes les nations. L'heure est à la faim, elle est grave ; plus rien d'une ronde des saisons : c'est maintenant ou jamais plus que l'arbre doit donner son fruit, même si ce n'est que la période des feuilles. Il se desséchera jusqu'aux racines de n'avoir pas su veiller au passage décisif du Fils de Dieu (Marc 11,12-14.20-25). Pour approfondir l'importance que le Nouveau Testament accorde à la veille, je privilégierai la rencontre surprenante de Jésus avec deux figures féminines : l'une, en Samarie, venue puiser son eau à l'heure brûlante de midi (Jean 4), l'autre, à Béthanie, dans les faubou...