Claire-Anne BAUDIN

LA FOI DU CORPS
CHRISTUS N°229
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Claire-Anne BAUDIN
Dans le corps se joue l’acte de Dieu. Dans le corps actuel ainsi que dans l’histoire corporelle qui nous constitue et qui est unique. Il agit dans le corps en croissance, dans le corps heureux et dans le corps en souffrance. Dans ce que nous ne suscitons pas et ne dominons guère, il nous crée et nous modèle. La confiance dans l’acte de Dieu à ce niveau tout à fait radical, cette confiance que, par Dieu, la vie travaille à la vie, autorise à en parler un peu, en particulier dans les événements décisifs de l’existence corporelle. L’un d’eux, qui ne concerne pas seulement les femmes, est l’accouchement, la mise au monde par une femme de son bébé. En conduisant une réflexion sur cet événement de la vie, nous porterons notre attention sur les alternances d’activité et de passivité dans l’accouchement ; non pas uniquement l’activité et la passivité nécessaires pour accoucher, mais celles des dispositions intérieures qui accompagnent les différentes phases de cette aventure. Car c’est autant dans l’activité physique que dans la passivité que Dieu agit en nous, mais non pas de la même manière. Dans la passivité originaire de la vie La femme qui accouche découvre une puissance qui ne dépend pas particuli&e...
Mots clés : Amour Corps Création Enfant Epreuve Expérience spirituelle Femme Foi Paix Paternité Service
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NOCES
CHRISTUS N°213
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Claire-Anne BAUDIN
«Il est trois choses qui me dépassent et quatre que je ne connais pas : le chemin de l’aigle dans les cieux, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du vaisseau en haute mer, le chemin de l’homme chez la jeune femme » (Pr 30,18-19). Des choses qui nous dépassent, dans les airs, sur la terre aride et à travers les eaux, se doublent d’une quatrième que nous ne connaissons pas et qui nous habite tous, celle que le Livre appelle « le chemin de l’homme chez la jeune femme ». Et ce chemin est un grand mystère. Pourquoi a-t-il cette force ? En quoi consiste-t-il, et où nous conduit-il ? L’amour de Dieu l’habite dans son fait et dans sa forme. Plus encore : le désir de ne faire et de n’être qu’une seule chair est de nature semblable au désir que Dieu nourrit d’une proximité intime et vivifiante entre l’humanité et lui-même. Ce qui se joue en assez peu de temps dans l’amour corporel se joue de la même façon dans la durée de l’amour marié, et cela concerne le Christ et l’Église. Ce n’est pas une ressemblance mais la même chose par provenance : de l’infinie bonté, notre bonté limitée, comme de la source les eaux. L’Épître aux Éphésiens nomme le mystère, si souvent approché pa...
Mots clés : Amour Corps Eglise Famille Jésus-Christ Joie Mariage
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DE NOMBREUX BÉBÉS DORMENT
CHRISTUS N°239
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Claire-Anne BAUDIN
Partout dans le monde, et à toute heure du jour, de nombreux bébés dorment. Le sommeil et le lien Les bébés sont humbles et doux. Ils vivent de la bonté du Créateur qui ne leur demande rien en retour de leur vie. Ils vivent seulement, et c’est tout leur emploi du temps, tout leur amour. Ils vivent, ce qui est très prenant, ce qui les capte eux-mêmes et leur entourage, tellement que le moment de leur sommeil durant le jour est attendu par tous comme ce qui pourra permettre aux grands de disposer d’eux-mêmes. Il dort même à la lumière et même dans un peu de bruit. Il se retire en lui-même, dans un lieu inaccessible où il se passe des choses qui animent son sommeil : parfois, tout en rêvant, il leur sourit. Il sourit à la voix de son père qui lui parle quand il dort. Il comprend tout. Le sommeil se montre extérieurement comme un moment d’autonomie. Dormir comme un bébé, c’est reposer l’entourage en cessant de demander de l’attention, de l’affection, des soins sûrs et de la nourriture. Il dort enfin. Mais, bien que reposant l’entourage, le lien qui nous l’attache demeure, et c’est cela que nous allons contempler dans le sommeil du tout-petit. Car, là aussi, le lien prévaut et sa qualité décide de la possibilité et de la nature...
L'ACCCOMPAGNEMENT SPIRITUEL DES NAISSANCES DIFFICILES
CHRISTUS N°265
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Claire-Anne BAUDIN
Salvator, 2019, 232 p., 20 €.   Pour chacun, faire vivre, c'est vivre et, à ce titre, ce qui relève de la naissance concerne l'existence dans son entier. Or les naissances sont parfois éprouvantes, périlleuses, avortées, malvenues ou marquées par la mort, au cœur même de la nouveauté de la vie : la réflexion porte ici très largement sur le rapport à la fécondité difficile de l'existence en vue du Royaume. Élise Cairus nous transmet dans ces pages le fruit d'une thèse de théologie qui lie l'expérience d'écoute de récits douloureux à celle des textes bibliques. Elle dessine les termes de l'espérance d'une fidélité du Créateur à travers les épreuves, y compris dans les situations de stérilité et le deuil périnatal. Cela conduit bien à penser l'accompagnement des naissances difficiles dès que l'auteure aborde ces récits, documentés du point de vue biomédical et respectueux de la psychologie des personnes et de leurs choix en conscience. On y entend la proximité de la vie et de la mort qu'est toute naissance, comme toute stérilité. On y entend aussi la présence des absents, la marque définitive de toute vie choyée sur l'existence de ceux qui auraient voulu la protéger. O...
LA BRÈCHE INTÉRIEURE
01 OCTOBRE 2021
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Claire-Anne BAUDIN
Éditions des Facultés jésuites de Paris, 2020, 360 p., 30 €.Il est des textes qui engagent dans une double opération de lecture. Pendant que la première prend connaissance et goûte les propos de l'auteur, la seconde donne au lecteur de mieux comprendre et goûter plus finement les éléments de sa propre expérience. Il en va ainsi, me semble-t-il, pour l'étude très judicieuse que conduit Tiziano Ferraroni, jésuite qui enseigne la théologie à Naples. Elle traite de la naissance du sujet devant Dieu sous l'angle de la relation qui s'établit quand l'homme est blessé, quand il est « envahi jusqu'à la déstabilisation par ce qui vient du dehors » (p. 30). La vulnérabilité n'est donc pas ici considérée comme un défaut mais positivement en tant qu'elle permet la relation et la participation à Dieu et à autrui. Sans elle, l'homme n'est pas un sujet libre mais une forteresse hermétique. Le moi autosuffisant est toujours déjà un moi mort.La première partie de l'ouvrage analyse les approches contemporaines de la vulnérabilité, en particulier dans le cadre des philosophies de Paul Ricœur et d'Emmanuel Levinas. Elle sonde déjà les formes de consentement et de défense qui répondent à cette c...
LA BRÈCHE INTÉRIEURE DE TIZIANO FERRARONI
CHRISTUS N°272
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Claire-Anne BAUDIN
Éditions des Facultés jésuites de Paris, 2020, 360 p., 30 €. Il est des textes qui engagent dans une double opération de lecture. Pendant que la première prend connaissance et goûte les propos de l'auteur, la seconde donne au lecteur de mieux comprendre et goûter plus finement les éléments de sa propre expérience. Il en va ainsi, me semble-t-il, pour l'étude très judicieuse que conduit Tiziano Ferraroni, jésuite qui enseigne la théologie à Naples. Elle traite de la naissance du sujet devant Dieu sous l'angle de la relation qui s'établit quand l'homme est blessé, quand il est « envahi jusqu'à la déstabilisation par ce qui vient du dehors » (p. 30). La vulnérabilité n'est donc pas ici considérée comme un défaut mais positivement en tant qu'elle permet la relation et la participation à Dieu et à autrui. Sans elle, l'homme n'est pas un sujet libre mais une forteresse hermétique. Le moi autosuffisant est toujours déjà un moi mort. La première partie de l'ouvrage analyse les approches contemporaines de la vulnérabilité, en particulier dans le cadre des philosophies de Paul Ricœur et d'Emmanuel Levinas. Elle sonde déjà les formes de consentement et de défense qui répondent à cette condition inquiétante de l'existence, mais elle conduit surtout à considérer que l'impondérable de la vie de l'homme engendre une force relationnelle qui donne d'être affecté par autrui. S'ouvre alors l'étude des textes ignatiens : le Récit, les Exercices spirituels et enfin le Journal, les Lettres d'I...