Christophe HENNING

LE JOURNALISME, UNE HUMANITÉ INSTANTANÉE
CHRISTUS N°226
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Christophe HENNING
Journaliste dans un quotidien régional du Nord pendant vingt ans, j’ai vécu avec bonheur de nombreuses rencontres qui m’ont façonné. Pourquoi y revenir ici ? Parce que, sans lyrisme ni voeu pieux, se coltiner quotidiennement à l’actualité fut pour moi une expérience spirituelle. Sans doute est-ce vrai pour toute profession : comment pourrions-nous imaginer que la vie intérieure fasse l’éco­nomie de ces relations sociales qui occupent autant de temps de la vie active ? « Bavarder du temps, des événements, de la télé, des opinions politiques ou de Dieu, c’est du même tabac », disait Jean Sulivan. Travailler les questions d’actualité est un poste d’observa­tion de la société que j’ai perçu comme une responsabilité et une chance qui laissent résonner, par bien des aspects, des éléments de la vie intérieure. Et puis, rien de ce qui fait le quotidien de l’homme ne peut être indifférent à la vie spirituelle : l’actualité, si facilement dénoncée, est cette pâte humaine dans laquelle l’homme croyant est appelé à vivre. « L’événement sera notre maître intérieur », soulignait Emmanuel Mounier. Un rêve de gosse« Les journa...
Mots clés : Discernement Enfant Evénement Parole d’homme Sagesse Travail
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PETITE SOEUR MAGDELEINE DE JÉSUS
CHRISTUS N°224
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Christophe HENNING
Cerf, coll. « Histoire », 2008, 198 p., 18 euros. Il est grand temps de collecter encore mille petits éclats spirituels de la vie de petite soeur Magdeleine de Jésus (1898-1989). Fondant en 1939 la Fraternité des petites soeurs de Jésus dans la droite ligne de la spiritualité de Charles de Foucauld, Magdeleine de Jésus veilla jalousement à ce que rien ne devienne véritablement médiatique dans le travail et la mission des petites soeurs. C’est dire si, après la biographie passionnante écrite par Kathryn Spink (Centurion, 1994), nous ouvrons avec bonheur un nouvel ouvrage consacré à la fondatrice écrit par une de ses plus anciennes com­pagnes, petite soeur Annie de Jésus en­trée dans la Fraternité en 1948. Être avec les plus pauvres, vivre avec ceux qui n’ont jamais entendu parler du Dieu de Jésus-Christ : c’est la vocation de Magdeleine Hutin qui commença sa vie religieuse au Sahara. Mais il y avait en­core bien des coins de terre qui devaient accueillir cette nomade de Dieu, toujours soucieuse d’aller à la rencontre du plus isolé. À 81 ans, ne participait-elle pas encore à un voyage touristique en Chine pour en approcher les habitants ? Très vite, elle entraîna de nombreuses vocations dans son sillage, dispersant les jeunes soeurs aux quatre hori...
Mots clés : Livres
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HISTOIRE DE TAIZÉ
CHRISTUS N°223
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Christophe HENNING
Seuil, 2008, 220 p., 18 euros. Comment raconter l’histoire de Taizé ? Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, journalistes, relèvent le défi en visitant sept décennies étonnantes, chaque pé­riode étant marquée par le caractère prophétique de l’intuition de frère Roger. L’ouvrage ne s’arrête pas tellement à la dimension spirituelle et évoque peu la manière dont Taizé touche l’intime de ceux qui gravissent la colline. Le propos nous entraîne davantage dans le chemin universel du dialogue et de la réconcilia­tion. « C’est d’abord au niveau, non pas des idées, mais de la foi, de l’espérance et de la charité, par les moyens de la prière commune, de l’amour fraternel, des gestes simples et significatifs », que se vit l’oecuménisme, confie un frère. Dès les débuts de la communauté en 1940, frère Roger le protestant cherche la brèche qui va réduire les murs d’in­compréhension entre chrétiens. Année après année, Taizé devient un pont entre les confessions, mais aussi entre l’Est et l’Ouest, bientôt entre le tiers-monde et l’Occident, enfin entre les générations qui se succèdent… Si fr&egra...
Mots clés : Livres
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L’ACCUEIL DE L’ÉGLISE
CHRISTUS N°220
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Christophe HENNING
« Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » (Mc 14,7). Et si le message de Jésus était, non pas un constat d’échec, mais bien une promesse ? Les pauvres sont aussi l’Église. Dans ma pratique journalistique, j’ai pu découvrir et sentir à diverses occasions com­ment des chrétiens vivent cette promesse d’une fraternité durable. Dans une société qui marginalise et laisse sur le bas-côté ceux qui ne suivent pas le rythme, l’Église tente de marcher au pas du plus faible. Au-delà des ruptures sociales, il peut y avoir un lien ecclésial, communautaire, fraternel, qui tient. Qui doit tenir : c’est une exigence évangélique.   Novembre 1999. Le diocèse de Cambrai est frappé de stupeur par le décès brutal de son pasteur. En pèlerinage avec ses prêtres en Terre sainte, Mgr Jacques Delaporte a été victime d’une hémorragie cérébrale entre Jéricho et Jérusalem. Quelques jours plus tard, il y a foule sur le parvis de la cathédrale trop petite pour contenir les fidèles. Traversant l’assemblée, le cercueil est porté par les compa­gnons d’Emmaüs. À dos d’hommes, la dépouille de l’archevêque est portée en terre par les siens. Ces ga...
Mots clés : Charité Eglise Evangile Justice Mission Pauvreté
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BIENHEUREUX JEAN-PAUL II : UNE ACTUALITÉ ÉDITORIALE
CHRISTUS N°233
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Christophe HENNING
Christophe HENNING Journaliste, Le Pèlerin, président de l’association des Écrivains croyants, Paris. Auteurs d’entretiens avec, entre autres, Jean-Luc Blaquart, Marie-Luce Brun, Jean-Marie Lassausse, Dominique Lemay, Alain J. Richard et des pèlerins de Lourdes, il a récemment publié chez Desclée de Brouwer : Petite vie de Jean-Paul II (2005) et Petite vie des moines de Tibhirine (2006), et chez Bayard : Frère Luc, la biographie : moine, médecin et martyr à Tibhirine (avec T. Georgeon, Bayard, 2011). Dernier article paru dans Christus : « Le journalisme, une humanité instantanée » (n° 226, avril 2010).     «Santo subito ! » On se souvient de la ferveur populaire, place Saint-Pierre, lors des funérailles du pape polonais le 8 avril 2005 : « Qu’il soit déclaré saint sans délai ! » Voilà l’élan du coeur de la foule des croyants autour du cercueil de Jean-Paul II 1. Si son successeur Benoît XVI n’a pas accédé à cette acclamation enthousiaste, il a pourtant réduit les délais d’ouverture du procès en béatification, puisque le 13 mai 2005, seulement quarante-et-un jours après le décès de Karol Wojtyla, le nouveau pape dispensait la cause de son prédécesseur du délai d&rs...
Mots clés : Catholicisme Eglise Expérience spirituelle Sainteté Vérité
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UNE SAISON AU THORONET
01 JUILLET 2016
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Christophe HENNING
« Journaliste à la télévision […], chaque jour m’ouvrait une nouvelle fenêtre sur le monde. » Pauline de Préval n’a guère le temps de s’arrêter. Jusqu’au jour où s’impose une vraie révolution, une conversion qui la conduit à « reprendre [sa] vie en perspective inversée ». L’ancienne abbaye désaffectée du Thoronet sera l’ancrage de ce bouleversement. Les sœurs de Bethléem, implantées depuis 1978 non loin de la légendaire abbaye cistercienne, accueillent l’auteure. Mais elle passera de longues journées dans l’imposante bâtisse du XIIIe siècle. « Est-ce parce qu’elle présente une image à la fois du désert et du roc, comme le Dieu que je poursuis, que le Thoronet m’attire tant ? » À travers ce journal spirituel fait de dépouillement et de ravivement des souvenirs épars, Pauline de Préval trace un chemin ténu d’approfondissement spirituel. Place est faite à la rugosité de la pierre, à l’épaisseur du silence, au questionnement douloureux de la violence du monde : « Le XXe siècle aura vu s’affronter comme jamais la toute-puissance de l’homme et la toute-faib...
UNE SAISON AU THORONET
CHRISTUS N°251
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Christophe HENNING
Seuil, 2015, 208 p., 17,50 €.   « Journaliste à la télévision […], chaque jour m’ouvrait une nouvelle fenêtre sur le monde. » Pauline de Préval n’a guère le temps de s’arrêter. Jusqu’au jour où s’impose une vraie révolution, une conversion qui la conduit à « reprendre [sa] vie en perspective inversée ». L’ancienne abbaye désaffectée du Thoronet sera l’ancrage de ce bouleversement. Les sœurs de Bethléem, implantées depuis 1978 non loin de la légendaire abbaye cistercienne, accueillent l’auteure. Mais elle passera de longues journées dans l’imposante bâtisse du XIIIe siècle. « Est-ce parce qu’elle présente une image à la fois du désert et du roc, comme le Dieu que je poursuis, que le Thoronet m’attire tant ? » À travers ce journal spirituel fait de dépouillement et de ravivement des souvenirs épars, Pauline de Préval trace un chemin ténu d’approfondissement spirituel. Place est faite à la rugosité de la pierre, à l’épaisseur du silence, au questionnement douloureux de la violence du monde : « Le XXe siècle aura vu s’affronter comme jamais la t...
L'AMI PARTI DEVANT
CHRISTUS N°252
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Christophe HENNING
Vingt ans après l'assassinat des sept moines de Tibhirine, leur message reste vif. Ceux qui les ont connus, mais aussi désormais ceux qui ont pu être touchés par leur histoire, leurs écrits et la trace de leur vocation, partagent volontiers ce même bouleversement. À l'exemple de Fadila Semaï, journaliste, qui a voulu aller à la rencontre de Christian de Chergé. L'auteure est allée en Algérie, s'est rendue au monastère de Tibhirine tenu par le père Jean-Marie Lassausse et nous entraîne au fil des pages dans sa propre découverte du lieu. Mais ce n'est pas seulement la vie de la communauté trappiste qui la mobilise : elle veut remonter à cet événement lointain qui fut pour une grande part à l'origine de la vocation algérienne du prieur de Notre-Dame de l'Atlas. Lors de son service militaire pendant la guerre d'Algérie, en 1959, l'officier de Chergé se lie d'amitié avec un cantonnier musulman : ensemble, ils parlent théologie. Alors que Christian de Chergé tombe entre les mains des indépendantistes, Mohamed s'interpose et sauve son ami. Mais il est retrouvé quelques jours plus tard, assassiné. Il avait dix enfants. « Dans le sang de cet ami, j'ai su que mon appel à suivre le Christ devrait trouver à se vivre, tôt ou tard, dans le pays mêm...
L'AMI PARTI DEVANT
CHRISTUS N°253
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Christophe HENNING
Albin-Michel, 2016, 176 p., 16 €.Vingt ans après l'assassinat des sept moines de Tibhirine, leur message reste vif. Ceux qui les ont connus, mais aussi désormais ceux qui ont pu être touchés par leur histoire, leurs écrits et la trace de leur vocation, partagent volontiers ce même bouleversement. À l'exemple de la journaliste Fadila Semaï qui a voulu aller à la rencontre de Christian de Chergé.L'auteure est allée en Algérie, s'est rendue au monastère de Tibhirine tenu par le père Jean-Marie Lassausse et nous entraîne au fil des pages dans sa propre découverte du lieu. Mais ce n'est pas seulement la vie de la communauté trappiste qui la mobilise : elle veut remonter à cet événement lointain qui fut pour une grande part à l'origine de la vocation algérienne du prieur de Notre-Dame de l'Atlas.Lors de son service militaire pendant la guerre d'Algérie, en 1959, l'officier de Chergé se lie d'amitié avec un cantonnier musulman : ensemble, ils parlent théologie. Alors que Christian tombe entre les mains des indépendantistes, Mohamed s'interpose et sauve son ami. Mais il est retrouvé quelques jours plus tard, assassiné. Il avait dix enfants. « Dans le sang de cet ami, j'ai su que mon appel à suivre le Christ devrait trouver à se vivre, tôt o...
ETRE LÀ
CHRISTUS N°254
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Christophe HENNING
    Véronique Dufief - Salvator, 2016, 160 p., 17,50 €. « Dire oui, consentir sont parmi les formes les plus hautes du courage. Ni soumission, ni résignation, ni faiblesse de vaincu, mais respiration paisible. » Véronique Dufief souffre d'une bipolarité qui ne la lâche pas. La vie en est quotidiennement alourdie, mais il n'est pas question de déserter ni de se soumettre, ce dont elle a témoigné dans son premier livre La souffrance désarmée (Salvator, 2013). Aujourd'hui, l'auteure revendique et espère le courage d'« être là ». Non pas accueillir béatement le temps qui passe, ni s'offrir en victime. Non : « Être là, c'est aussi être soi, dans la pauvreté désarmée de l'être. » Les angoisses peuvent surgir au détour d'une existence, mais on peut résister à mains nues. Et préserver le goût de vivre : « Nul ne peut connaître le désir humain dans sa largeur, sa hauteur, sa profondeur sans avoir traversé à un moment ou à un autre le désastre de vivre sans désir. » C'est avec une finesse souriante que Véronique Dufief décrit son quotidien : « Je passe ma vie partagée entre deux activités majeures : dormir et ne...
CANTIQUE DE L'INFINISTÈRE
CHRISTUS N°255
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Christophe HENNING
    « Mes mains consigneront ce que mes pieds auront franchi, ce que mes pieds eux-mêmes auront écrit les premiers sur le rude vélin de la montagne à vaches. » Quand François Cassingena-Trévedy s'apprête à traverser ces monts d'Auvergne qui lui sont familiers, c'est tout autant un périple qu'un pèlerinage. Comment le moine cénobite ayant fait vœu de stabilité devient-il gyrovague ? C'est que l'auteur ne tient pas en place. Si son port d'attache est incontestablement la millénaire abbaye de Ligugé, il se fait marin-pêcheur ou paysan de temps à autre : « Ç'aura été en tout cas l'un des privilèges insignes de ma vie d'homme que d'avoir pu partager encore, tour à tour, fût-ce de façon bien modeste, les deux plus grands métiers qui prennent le monde à pleines mains. » Moine des grands espaces, Cassingena-Trévedy inscrit sa vocation dans l'élément premier, la terre, la mer, la lumière du soleil et l'humidité du crachin. De temps à autre, il déploie donc son cloître au rythme des marées, ou encore à flanc de montagne, ce qu'il narre dans ce dernier livre, tout à la fois récit de voyage, méditation d'automne, livre d'heures. « Le silence étern...
LE SOUFFLE ET LE ROSEAU
CHRISTUS N°260
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Christophe HENNING
Attention fragile ! L'avertissement devrait être pris comme une invitation : prêtez donc attention à la fragilité, qui est au cœur même de notre humanité. Dans son dernier ouvrage, Marc Leboucher, éditeur et essayiste, se livre à une méditation très personnelle pour évoquer cet être fragile que la société d'aujourd'hui caricature. L'air du temps nous pousse à la toute-puissance, à la performance, et nous promet bientôt « l'homme augmenté ». Pourtant, plus il devient puissant, plus ce colosse transhumaniste se révèle vulnérable. Et si nous pouvions nous réconcilier avec cette fragilité ? C'est le pari de l'auteur, qui recense les traces de cette « fragilité » dont le synonyme est peut-être simplement notre « humanité » : l'homme se sachant mortel n'ignore pas que la vie n'est qu'un souffle. Et l'auteur de citer Sylvie Germain : « La fragilité est inscrite dans la chair de tous les vivants, bêtes et hommes. » Le contemporain tente de fuir cette réalité du corps par le recours scientifique, les paradis artificiels, mais aussi, d'une certaine manière, le développement personnel ou toutes ces illusions qui nous promettent la puissance individuelle. Là encore, la r&...
UNE CERTAINE INQUIÈTUDE DE FRANÇOIS BÉGAUDEAU ET SEAN ROSE
CHRISTUS N°261
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Christophe HENNING
Ces deux intellectuels avaient-ils quelque chose à (se) dire de la foi ? Plus qu'ils ne le pensaient eux-mêmes. C'est ce que révèle ce livre épistolaire, introspectif et vivifiant. Le journaliste Sean Rose cultive le doute d'un chrétien qui pressent le vertige de croire. L'écrivain François Bégaudeau a hérité d'un athéisme sans états d'âme, mais désire ardemment se tromper… C'est à la lecture, notamment, des grandes œuvres littéraires que surgit pour lui le questionnement. Pascal, Bernanos… « La langue chrétienne n'a plus cessé de me parler, elle me dit quelque chose », confesse François Bégaudeau. « C'est dans l'intimité de soi avec soi-même qu'on découvre son vide », professe alors Sean Rose. La correspondance est manifestement un prétexte pour chacun, afin d'explorer les profondeurs de l'intime. Et si les longs échanges ne se répondent pas toujours parfaitement, le lecteur peut suivre les deux cheminements tout aussi pertinents l'un que l'autre. Avec François Bégaudeau, on mesure combien la foi est une question prégnante, insistante, dans un monde qui s'en moque en apparence : « Au cœur de ma communion clandestine avec le Christ, il y a avant tout cela qu'il est venu insuffler en moi l'...
FRAGILE ASILE DE VÉRONIQUE DUFIEF
CHRISTUS N°263
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Christophe HENNING
Les livres sont, pour Véronique Dufief, des « radeaux de survie » qui lui permettent, tant bien que mal, de surnager dans « les eaux dévastées de [s]a désespérance ». De cette terre inconnue qu'est la maladie psychique, elle nous raconte sans fard la traversée de l'épreuve et du temps. Et le lecteur peut croire qu'il va regarder, de la berge, les êtres fragiles se débattre au creux des vagues. Mais c'est de notre commune humanité dont parle – en creux – ce livre : ne sommes-nous pas, tous, emportés par les vents contraires ? « Les vies n'ont pas à être réussies, mais vécues, y compris dans le dénuement le plus total », confie l'auteure. Quand survient ce dépouillement radical, la maladie qui paralyse toute volonté, la vie devient invivable et, pourtant : « Demander. Premier pas de l'amour. Demander. Premier secret de la sagesse. » Il faut accepter de suivre Véronique Dufief dans cette exploration de l'étrange : « La lenteur me permet de percevoir avec acuité les moindres détails de ma grisaille et de mon délabrement intérieur. » Accepter de vivre au milieu des ruines. « Démissionner de l'orgueil des conquêtes » est tout autant une nécessité...