Christoph Theobald

LA PAROLE COMME CHRIST
CHRISTUS N°225
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Christoph Theobald
Christus : Qu’est-ce la Parole de Dieu ? Christoph Theobald : J’ai envie de dire que c’est d’abord une parole d’homme. Qu’est-ce qui permet le passage de la parole d’homme, entre êtres humains, à la parole de Dieu – c’est-à-dire à ce qui fait de Dieu l’origine même de cette parole ? Cette question est abor­dée dans le premier texte du Nouveau Testament, la Première lettre aux Thessaloniciens : « Voici pourquoi de notre côté nous rendons sans cesse grâce à Dieu de ce qu’ayant reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez Accueillie non comme une parole d’homme mais comme ce qu’elle est réellement : la parole de Dieu, qui est aussi à l’oeuvre en vous les croyants » (2,13). On reconnaît clairement là que c’est d’abord une parole d’homme, et échangée. Mais qu’est-ce qui permet de la reconnaître comme parole de Dieu ? Le fait que, selon Paul, elle est déjà à l’oeuvre en ceux et celles qui la reçoivent. Pour l’apôtre, le critère ultime, c’est l’Évangile, autrement dit une parole exorbitante, dont aucun être humain ne peut porter le poids, une parole dont Dieu seul (ou celui que nous appelons Dieu) peut être l’origine...
Mots clés : Bible Corps Expérience spirituelle Incarnation Jésus-Christ Parole de Dieu Parole d’homme Théologie
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UNE SPIRITUALITÉ DE L’HOSPITALITÉ
CHRISTUS N°214
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Christoph Theobald
Attentif au dialogue avec l’islam, le P. Theobald, théologien, nous propose ici une réflexion fondamentale sur ce que veulent dire l’accueil de l’autre et la foi qui porte toute vraie rencontre, du point de vue de Jésus de Nazareth, l’être hospitalier par excellence. L’« hospitalité » est une des grandes portes d’entrée de la tradition indo-européenne dont le fonds anthropologique englobe l’univers de la Bible, le monde gréco-latin et bien d’autres manières de vivre établies sur le pourtour de la Méditerranée 1.   Qui est l’hôte ? L’hospitalité manifeste, sous la forme d’une symétrie, ce qui est au coeur de toute rencontre. C’est bien ce que montre l’ambivalence de l’« hôte ». Qui est-il ? Est-ce celui qui accueille ou celui qui se présente à l’improviste ? Là est le paradoxe, du fait de la loi sacrée de l’hospitalité : l’autre est accueilli, quoi qu’il en soit de son statut social ou religieux, selon une forme d’ouverture extrêmement large, qui suppose une exposition de soi-même de la part de celui qui accueille (l’« hôte », mais dans un autre sens) — et cela en dépit de la violence que peut introduire celui qui est accueilli, car ce...
Mots clés : Ecoute Foi Islam Jésus-Christ Mystique Religions Sagesse Théologie
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LECTURE DE L’APOCALYPSE
CHRISTUS N°235
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Christoph Theobald
L’Apocalypse est un livre pour temps de crise. Il y est question de la chute de l’Empire romain, mais aussi, analogiquement, de la chute du mur de Berlin et de la crise économique actuelle… Toutes ces réalités collectives et historiques sont présentes. L’Apocalypse, en ce sens, est à l’opposé des Actes des Apôtres, qui font preuve d’une grande confiance dans les institutions, notamment en la justice de l’État romain.   Premières approches • Dans cette vision de la fin, le temps, d’abord, est géré à travers le chiffre sept (par exemple, 6,1–8,1), comme pour signifier un rythme fondamental de notre existence humaine. C’est toute la création en sept jours, la Genèse, qui réapparaît ici. Dieu dit-il vrai quand il promet à sa création le repos sabbatique du septième jour ? La question ne peut plus être évitée dès que le temps de la violence entre le sixième et le septième jour s’allonge, faisant émerger ce qui peut nous habiter au quotidien : « Mais jusques à quand cela va-t-il durer ? » (6,10). • Dans les chapitres 12 à 18, nous entrons dans l’actualité des Églises, et, dans les chapitres qui suivent (19–20), s’ouvre une grande espérance, la possibilit&...
DE L'ABSENCE DU CHRIST À UNE NOUVELLE MANIÈRE DE SE RENDRE PRÉSENT
CHRISTUS N°274
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Christoph Theobald
Cet article reprend une intervention donnée par Christoph Theobald, le Samedi saint 2021, lors de la célébration du Triduum pascal dans la Creuse. Après avoir médité, dans une intervention antérieure, sur le combat spirituel de Jésus et sur ce qu'il enseigne sur nos propres combats, l'auteur se propose ici de s'arrêter sur la signification pour nous du silence de Dieu. Il y a comme deux versants dans le récit de la passion du Christ et de sa mort. Le versant visible, ou historique, que tous, y compris ses disciples, ne peuvent interpréter que comme le terrible échec de sa mission. Et le versant invisible, ou caché : la manière de Jésus lui-même d'approcher sa mort, non comme un destin mais librement, comme une mise en jeu de toute son existence, de toute sa vie pour ses disciples, pour son peuple et pour la multitude des humains. Dans son geste testamentaire (le dernier repas), il révèle sa liberté inouïe par rapport à ce qui est en train d'arriver : « Mon corps et mon sang [ce qui me fait vivre], c'est pour vous. » Le Jésus de l'évangile de Jean dit la même chose autrement : « Ma vie, personne ne me l'enlève : je m'en dessaisis de moi-même. » (Jn 10, 18). Les évangiles synoptiques nous rapportent que Jésus est mort en poussant un grand cri : tous ont pu l'entendre. Y a-t-il eu un contenu à ce cri ? Sans doute oui, mais il relève du versant intérieur et caché de ce qui s'est passé. Les évangélistes l'ont rattaché à des paroles tirées des psaumes. Marc et Matthieu se réfèr...