Christian SAURET

DANS LE MONDE DU TRAVAIL
CHRISTUS N°232
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Caroline Ferté Christian SAURET
CHRISTIAN SAURET Spécialiste en gestion des ressources humaines, membre du Mouvement Chrétien des Cadres et dirigeants (MCC) et du Comité de rédaction de Christus, Paris. CAROLINE FERTÉ Avocate, spécialiste en droit social, membre de la Communauté Vie Chrétienne, Paris.   Christus : Comment l’estime de soi peut-elle s’inscrire dans le déve­loppement d’une entreprise ? Christian Sauret : La notion d’estime de soi est totalement absente du vocabulaire du monde du travail. Je ne saurais dire pourquoi. Spontanément, j’ai l’impression qu’elle renvoie à des dimensions psychologiques, et peut-être morales, que le monde du travail a coutume d’ignorer, en tout cas de ne pas prendre en considéra­tion. La prise en compte du problème d’une personne (voire d’un groupe de personnes) qui serait dans une situation anormale du point de vue de ce que nous appelons l’estime de soi, de la manière dont il se sent valorisé ou dévalorisé, n’intervient que lorsqu’il y a déviance manifeste. Si la déviance est du côté de la surestime (par exemple, le dirigeant qui ne juge plus avec justesse ses limites, ses capacités), on pourra tout au plus en prendre acte. Dans le cas d’une déviance négative, on demandera en gén&ea...
Mots clés : Action Justice Maladie Psychologie Travail Violence
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LARGUER LES AMARRES
CHRISTUS N°243
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Christian SAURET
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! […] Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l’ancre pour une exotique nature !  La mer n’a-t-elle pas toujours suscité au cœur de l’homme d’innombrables rêves de départ vers des îles lointaines ? Le poète se fait l’écho d’un imaginaire immense, qui vient sans doute du fond des âges et a grandi à la mesure du désir des hommes de repousser les limites du monde connu. L’humanité a d’abord été nomade et probablement a-t-elle très tôt considéré la mer, en dépit de ses dangers, comme un milieu propice à son besoin de voyager, de découvrir. Les figures de « hardis navigateurs » réalisant de grandes découvertes à l’aube des temps modernes viennent spontanément à l’esprit dès qu’on parle de mer et de navigation. Les explorateurs des premiers voyages transocéaniques sont pour nous encore des personnages emblématiques de l’énergie et du courage des hommes à vouloir aborder de nouveaux espace...
NELSON MANDELA
CHRISTUS N°249
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Christian SAURET
En 1993, un an avant les premières élections nationales qui allaient le porter à la présidence de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela recevait chez lui la visite impromptue de l'équipe de rugby d'East London. Interrompant son travail, il s'est immédiatement rendu disponible pour saluer chaque joueur, quand on lui a passé un appel téléphonique urgent. On l'informait de Johannesburg que le secrétaire général du parti communiste sud-africain, un dirigeant très populaire de l'ANC [1], venait d'être assassiné par un Blanc. L"événement pouvait déclencher une guerre civile. L"appel terminé, Mandela n"en a pas moins repris sa conversation, plaisantant avec les rugbymen. Puis il a regagné son bureau pour étudier les mesures à prendre. Le soir-même, c'est lui et non le chef de l'Etat, Frederik De Klerk, qui passait à la télévision et tenait à la nation des paroles d"apaisement et de fermeté qui évitèrent le drame. Ce jour-là, Mandela a pleinement conjugué sa courtoisie et sa bienveillance à l'égard de ses visiteurs avec l'immense autorité morale dont il jouissait. Un tempérament riche et complexe Bienveillance et fermeté sont indissociables chez Mandela, et sont probablement les clés de sa réussite dans le...
Mots clés : Bien commun Bienveillance Dignité
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VEILLER DANS LA FOI AUJOURD'HUI
CHRISTUS N°268
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Christian SAURET
Le choc de la pandémie a fait résonner l'aspiration à l'avènement d'un monde meilleur, en même temps que s'élevaient des voix défaitistes. Veiller dans la foi peut redonner espérance et rendre attentif aux germes qui grandissent dans la société et dans l'Église. Veiller au temps de la Covid-19… Un oxymore, tant cette crise nous a pris au dépourvu. Dès son début, les médias ont publié de nombreuses tribunes affirmant que le monde d'après-crise ne serait pas comme celui d'avant. Le choc de la pandémie a libéré l'expression des espoirs d'un monde meilleur. Et, très vite, sont arrivées des opinions inverses, pour en contester la pertinence. Que penser de ces débats ? Pour moi, un signe révélateur des malaises profonds qui affaiblissent, rongent notre société, puisque la description d'un monde différent, au moins en partie, nous a été proposée immédiatement, sans qu'il ne paraisse nécessaire de l'accompagner d'une analyse de la faisabilité du changement. Un tel débat a son utilité, mais sans doute pas pour qui veut discerner des signes d'espérance pour l'avenir. L'attention du veilleur doit se porter ailleurs. Je retiens une deuxième leçon de la crise sanitaire, à partir de l'analyse par Mgr Vincent Jordy de notre attitude collective pendant le confinement1. Nous avons docilement supporté d'être confinés et protégés pendant que les soignants étaient au front, nous avons toléré les limitations de liberté, y compris celles qui nous interdisaient d'être aux côtés de nos proche...