Antoine Neuve-Eglise

UN SOIGNANT RELIT SA VIE
CHRISTUS N°242
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Antoine Neuve-Eglise
Troisième enfant d’une famille catholique marquée par la tradition, la raison, la pratique, je garde de l’enfance un mélange d’insouciance, d’autorité, de scolarité sans aisance et de vie en famille nombreuse. Dans la vieille et belle église du village, j’aimais l’odeur de l’humidité de la crypte et le silence qui y régnait, le service de la messe avec mon frère, les lampions qui brûlaient le soir du 15 août et les messes d’enterrement pour le pourboire qui nous ouvrait le monde des adultes. Donc, du terreau amendé mais non cultivé. Je commence à m’éveiller en sixième à l’écoute de cette maxime : « La Bible dit toujours vrai à condition de bien vouloir chercher ce qu’elle veut dire. » De là est probablement né un désir de contextualiser la Parole sans pour autant la défaire de son mystère et de sa poésie. J’ai vite compris qu’il s’agissait d’une histoire d’hommes et de Dieu, et l’on m’a dit que chacun y avait une place s’il le désirait. C’est ainsi que l’on m’a parlé du Christ... Les années de lycée, sous la conduite d’éducateurs aussi exigeants qu’intelligents, laïcs et jésuites,...