Antoine Corman

LA CONVERSION NUMÉRIQUE
CHRISTUS N°248
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Antoine Corman
   « Perdu dans la foule du métro, je tente de capter ton regard » Leonard Cohen, Stories of the street   Aujourd’hui, nous sommes immergés dans un monde numérique qui, par bien des aspects, nous fascine tout autant qu’il nous inquiète. Quand nous repensons à nos modes de vie, à nos organisations personnelles, familiales ou professionnelles dix ou vingt ans en arrière, nous sommes obligés de constater combien les technologies ont bouleversé nos repères, notre rapport au temps et aux autres, jusqu’à la perception du monde qui nous entoure. Internet nous est certes d’abord apparu comme un dispositif technique, comme pouvaient l’être le téléphone ou la télévision, un outil d’échange et de communication, un outil d’accès à du savoir, un outil de distraction et de consommation culturelle. De fait, l’usage de la messagerie, qui est longtemps resté un des principaux motifs d’accès au net, pouvait se voir comme une simple accélération du service postal classique. Aujourd’hui, l’accès à des services en ligne (prendre un billet de train, réserver ses vacances), ou encore le téléchargement d’un film ou d’un livre, nous apparaissent comme la résultante d’un enchaînem...
LE CHEMIN DES ESTIVES
CHRISTUS N°271
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Antoine Corman
Flammarion, 2021, 368 p., 21 €.« La marche fouette le sang, attise la vitalité et chasse les idées noires. Elle communique un surplus d'être. » Nous voici donc avertis : au-delà d'un récit de voyage (un de plus, serait-on tenté d'écrire, tant le genre est à la mode) au travers du Massif central, c'est bien une expérience spirituelle qu'il s'agit de partager avec le lecteur. À l'origine de l'aventure, une étape inscrite au calendrier du noviciat de la Compagnie de Jésus : le « mois mendiant », un exercice à mi-chemin entre pèlerinage et vagabondage, au cours duquel les participants (ici, ils sont deux) doivent se procurer gîte et couvert quotidiens à la grâce de Dieu… et surtout des rencontres. Cela commence donc par le physique : une marche de sept cents kilomètres entre Charente et Ardèche, au travers de contrées saisissantes et de territoires en déshérence, nécessitant endurance et résistance (à l'effort, à l'inconfort, à la faim, etc.), alors que « l'immersion dans l'univers sauvage réveille en nous des forces instinctives, des réflexes oubliés ». Puis viennent les pensées « que l'on contemple », sur fond de paysages qui n'en sont qu'un «&nb...