Anne-Sophie Rondeau

LA ROSE EST SANS POURQUOI
CHRISTUS N°211
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Anne-Sophie Rondeau
Il est une rose bordée d’aurore. Le regard se penche, un reflet d’émerveillement y luit, et dans l’instant où se contemple l’éclosion se respire l’éternité. « Il faut sans cesse aller de lumière en lumière » (Angelus Silesius) pour habiter autrement notre monde et voir dans la plénitude discrète d’une simple rose une tendresse divine. Les yeux emplis de beauté se taisent. Le nez palpite, frémit. Et comme cela, sans prévenir, le parfum de la rose vous « monte à la tête ». L’olfaction est sans doute le sens qui nous prend le plus par surprise. Et l’inattendu surgit : les souvenirs, les émotions rejoignent la contemplation du regard. Les pétales translucides et veinés se font le marchepied du ciel en faisant naître l’émerveillement, « en sachant, comme l’enseigne saint Macaire, qu’il n’y a pas deux sortes de sens existant séparément : “Ce sont les mêmes sens qui d’abord sont terrestres, puis deviennent célestes par l’infusion de la Grâce” » 1. L’émerveillement alors s’élargit à la pleine mesure de l’être et se transforme en un sourire, expression de la joie intérieure. “Gioia” est le nom de cette rose. Et par...
Mots clés : Art (cinéma, peinture, sculpture) Contemplation Grâce
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