Anne-Marie Petitjean

Auxiliaire du sacerdoce, docteure en théologie et histoire de la liturgie, maîtresse de conférence émérite au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris, membre du groupe des Dombes, déléguée épiscopale aux relations œcuméniques pour le diocèse de Saint-Denis (93). A publié De l’offertoire à la préparation des dons (Aschendorff Verlag, 2016). Paru dans Christus « Au service de la multitude » (n° 262, avril 2019).
AU SERVICE DE LA MULTITUDE
CHRISTUS N°262
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Anne-Marie Petitjean
Dans cet entretien, une théologienne partage sa vision de ce qui fonde la vie spirituelle en paroisse. Pour cela, elle s'appuie sur l'expérience d'un engagement concret sur le terrain et sur sa réflexion concernant l'Église, qui a fait le cœur de son travail théologique. Christus : Vous êtes religieuse auxiliaire du sacerdoce, enracinée depuis longtemps dans des paroisses du nord-est parisien, et théologienne, notamment en ecclésiologie. De ce fait, vous avez un regard particulier sur les paroisses au croisement de ces deux caractéristiques. Que pouvez-vous nous en dire ? Anne-Marie Petitjean : Je suis en effet théologienne et engagée dans l'œcuménisme : c'est véritablement l'orientation de ma vie et cela détermine sûrement mon regard sur beaucoup de choses. J'habite dans la banlieue nord-est de Paris. Puisque j'enseignais l'ecclésiologie au Centre Sèvres, j'ai cherché un lieu d'Église où je pouvais avoir une vie ecclésiale cohérente avec cet enseignement que je prodiguais et un enseignement nourri de ce qui, aujourd'hui, fait la vie d'un diocèse et de ses paroisses. Du fait de la tradition pastorale de ma congrégation et des liens fraternels que nous entretenions avec le diocèse de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), c'est ce dernier qui m'a accueillie et qui m'a donné une miss...
LE DERNIER REPAS DE JÉSUS
CHRISTUS N°268
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Anne-Marie Petitjean
Les paroles dites par Jésus au moment de son dernier repas révèlent le secret de ce que fut sa vie filiale et fraternelle et, en conséquence, le style de vie de celles et de ceux qui se reçoivent de Lui. Durant le confinement, bien des prêtres, dans le but de contribuer à nourrir la vie de foi des communautés dont ils sont les serviteurs, ont filmé qui des adorations eucharistiques, qui des bénédictions de rues ou de villes avec l’ostensoir. Le pain eucharistique ainsi offert à la vénération est, du fait de la conception de nos ostensoirs et du fait peut-être d’habitudes respectables, un pain inentamé, non rompu et isolé de ce pour quoi il fut et est donné, à savoir être mangé par un nombre certain de convives, pour qu’ils deviennent ainsi le Corps du Christ?: « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1 Corinthiens 10,17). Par ailleurs, et ceci explique cela, la tradition occidentale, à la suite des débats concernant le mystère de la présence du Christ se donnant ainsi aux siens, a porté toute son attention sur ce qu’on appelait « le miracle eucharistique » et sur les mots « CECI est mon corps, CECI est mon sang ». Leur inscription en majuscules au cœur des prières eucharistiques, soit dans les missels, soit sur les petits panneaux se trouvant autrefois sur les autels (les « canons d’autel »), en témoignait et en témoigne encore. Cette affirmation de foi (à laquelle, bien entendu, nous tenons)...