« Dans les choix et les trajectoires des personnages bibliques s'atteste, pour les lecteurs de tous les âges et de tous les temps, ce qu'il advient d'une vie lorsqu'elle est rencontrée par Dieu. »
Jean-Pierre Sonnet1

Les mots parlent bien au-delà de ce que nous imaginons. Le mot « vocation » ouvre ainsi des champs immenses. Il est utilisé en des sens variés selon les lieux, les contextes et les personnes qui en font usage. En français, nous sommes renvoyés au domaine de la voix2, la Bible le confirme.

L'appel et la voix

Dans la Bible, la parole de Dieu est créatrice. Elle suscite, émonde, soutient, confirme, oriente. Dès le début de la Genèse, elle « appelle » à l'existence cieux, terre, mer et tout ce qui les habite : les êtres vivants et, parmi eux, l'être humain, homme et femme, créés à l'image de Dieu ! Dieu « dit » : que la lumière soit, et elle est. Il l'« appelle » jour et les ténèbres, nuit. La parole de Dieu crée et « appelle ». Nommant, elle convoque à la pleine existence, à la vie. Elle résonne comme une voix qui éveille, suscite et crée. « La parole de Dieu, écrit Marguerite Léna, nous précède comme la voix précède et enveloppe le sens. Elle n'est pas seulement un “dit”, un précieux héritage de mots, de doctrines et d'événements qui constituent le trésor de la foi. Elle est un “dire”, non pas tant parole de Dieu que Dieu qui nous parle avant même que nous ayons la possibilité d'une réponse […]. Le “je” ne préexiste pas à ce vocatif originaire… »3

C'est de ce point qu'il faut partir pour saisir ce que la Bible dit de l'appel : la voix de Dieu retentit pour éveiller la création et l'homme à la vie. Pour reprendre un mot cher à Emmanuel Levinas, Dieu en-visage l'homme. Il l'appelle au déploiement de la vie.

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