Pour une personne qui a connu l'expérience douloureuse de l'emprise ou d'un abus, l'accompagnement spirituel peut être ultérieurement le lieu d'une prise de conscience et d'une parole.
 

Christus : Cela vous est-il arrivé d'avoir à accompagner des personnes qui sont passées par une relation d'emprise spirituelle ? Comment leur demande se fait-elle ? Dans ce cas-ci, faut-il avoir une attitude particulière ?

Anne-Marie Aitken : Les demandes d'accompagnement sont très diverses mais il est rare que les personnes disent d'emblée qu'elles ont vécu une situation d'emprise ou d'abus de pouvoir spirituel, même si c'est ce qui leur est arrivé. L'emprise ou l'abus de pouvoir qui a été vécu se révèle petit à petit au cours de l'accompagnement. Certaines de ces personnes ont déjà fait un travail thérapeutique et sentent finalement qu'il leur faut aller plus loin, qu'elles ont besoin de creuser leur relation à Dieu, ce qu'une psychothérapie ou psychanalyse n'a pas aidé à faire, même si cela a déblayé le terrain. Les personnes portent en elles un désir que Dieu ne soit pas exclu de leur cheminement mais qu'il soit bien replacé au cœur, précisément parce que la relation au Seigneur a aussi été altérée par l'abus. Par le biais de notre site (www.xavieres.org), des personnes nous contactent parce qu'elles veulent être uniquement accompagnées par une femme, et surtout pas par un prêtre. Quand quelqu'un veut absolument être accompagné par une femme, c'est pour être plus à l'aise, mais il peut aussi y avoir d'autres raisons plus profondes…

Jean-Jacques Guillemot : Au centre spirituel de Manrèse, les demandes d'accompagnement me sont soumises pour que je propose les accompagnateurs en fonction de ce que je perçois comme attente. Il arrive parfois que certains disent clairement qu'ils veulent être accompagnés par un prêtre, parce que cela simplifie les choses par rapport au sacrement de réconciliation qu'ils ont l'habitude de recevoir dans le cadre de l'accompagnement, ou pour d'autres rai...

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