Avec émotion nous apprenons la mort de Jeanne-Marie Baude, le 30 décembre 2014. Elle avait signé entre autres un livre L'oeil de l'âme : plaidoyer pour l'imagination (Bayard-Christus,2009) ainsi que trois beaux articles pour Christus dans ces années récentes : « Plaidoyer pour l’imagination » (n° 215, juillet 2007, Le combat spirituel) ; « Hommage à Jean Sulivan » co-signé avec le P. D. Salin (n° 231, juillet 2011, L’éducation des sentiments) ; et « Représentations de l’au-delà dans la littérature » (n° 235, juillet 2012, L’au-delà, l’avenir des vivants), dont nous citons quelques lignes.

Nous sommes heureux d’honorer sa mémoire en citant quelques lignes de ce dernier article, si habité :
 
« Quand survient la mort d’un être aimé, comment ne pas se demander s’il est possible que tout, de lui, ait disparu, alors que les liens qui nous unissaient gardent encore leurs racines vivaces en nous-mêmes ? A la question du lien s’ajoute celle du lieu : où vont les morts ? Et où irons-nous ?….
Toute tentative de représentation de l’au-delà n’oriente-telle pas le lecteur vers le seuil de ce mystère par lequel, quoiqu’ils en aient, les écrivains sont attirés? Le rôle de la poésie, si injustement négligée par beaucoup de nos contemporains, est justement, sans chercher à rendre compte du mystère, de nous placer en sa présence, de mettre en éveil notre imagination et nos sens. Qu’ajouter en effet à cette approche fulgurante de Victor Hugo, lorsqu’il contemple l’infini de la création dans les yeux d’un cadavre : « Un commencement d’astre éclot dans la prunelle »?[1]


[1] Victor Hugo, « Cadaver », Les Contemplations, Œuvre poétique, T.II, Pléiade, p. 762.