Mon père, je ne sais pas qui c'est. C'est ma mère qui sait qui il est, mon père. Mais ça lui fait trop mal : elle ne veut pas m'en parler. » « Je n'ai pas de père... »
J'ai si souvent entendu ces paroles que, lorsque je reçois des enfants ou des adolescents pour une première consultation, je ne parle plus d'emblée des parents, mais je demande : « Qui vit à la maison ?» Il arrive qu'on me dise : « Il y a ma mère et mon faux père. » Parfois même, j'entends : « Je vis avec mon faux père et ma fausse mère. » J'entre alors avec mes patients dans le dédale des familles plusieurs fois recomposées. En faisant ces constatations, je ne porte aucun jugement moral sur ces situations cent fois répétées aujourd'hui. J'essaie d'être attentive et d'entendre ce que peut eue la vie d'un enfant, d'un adolescent, d'un jeune adulte à qui le père a manqué.
Il arrive aussi, malheureusement, que le père meure. Mais, bien que son absence entraîne deuil et douleur, la situation est très différente. Le père a une identité, une consistance. Il existe, et cela demeure vrai dans les cas où la mère se remarie — ce qui fâche parfois les enfants. Mais, fréquemment, le beau-père (et, en ces circonstances, je n'ai jamais entendu parler du « faux père ») représente un père adoptif tout à fait structurant.

« Je vais le dire à ton père »


Nombreux sont les enfants qui ont entendu cette menace après une bêtise particulièrement corsée ou une mauvaise note à l'école. Cette parole, dûment critiquée par les éducateurs, est souvent génératrice de tensions entre le père et la mère. Le père est fâché de « jouer le mauvais rôle » et taxerait volontiers sa femme de faiblesse ou de démission devant ses responsabilités éducatives. Il craint de passer pour le « méchant », « celui qui gronde ». Et pourtant... L'enfant, qui n'est pas bien fier de lui, est souvent soulagé de percevoir que son père, tout comme sa mère, est au courant de l'événement malheureux, qu'il va le sanctionner et, ce faisant, le protéger, même si le moment à passer est un peu difficile, même si l'enfant a un peu craint le retour à la maison. Les parents sont alors perçus comme un couple communicant et compréhensif.
Le père, surtout pour les jeunes enfants, est celui qui est fort, celui qui représente la loi. La mère a, bien évidemment, elle aussi, son plein rôle éducatif, mais dans un autre registre, parfois plus doux, parfois aussi plus nerveux et moins juste Non que la mère doive agir avec injustice, mais on attend d'elle qu'elle agisse viscéralement, avec passion. Le père, lui, tranche, sanctionne, signifie. « Quand on m'attaque à la récréation — affirme Yann, 5 ans —, je crie que je vais le dire à mon père ; mon père, il peut battre très fort. » De telles affirmations inquiètent souvent les maîtresses ; elles s'empressent de convoquer le père et s'étonnent de rencontrer la plupart du temps un homme calme, sans violence, et cependant perçu par l'enfant comme un protecteur invincible, pourtant décrit avec les mots qui font peur. Ces mots sont affectionnés par les plus petits qui découvrent le monde comme dangereux et merveilleux. Celui auquel le père a manqué cherchera parfois durant toute sa vie ce soutien, cette puissance et, se sentant faible et nu, deviendra souvent violent par faiblesse et désespoir. Aujourd'hui, dans bien des cas, la mère vit seule avec le ou les enfants. La plupart des mères s'arrangent cependant pour que l'enfant découvre, d'une façon ou d'une autre, la loi du père : le beau-père, le « faux père », peut devenir un substitut paternel parfois mal accepté, mais présent et parlant ; un grand-père, voire une grand-mère, un éducateur ou une éducatrice, un maître ou une maîtresse peuvent aussi tenir ce rôle. Le sexe a moins d'importance que l'instance de séparation intellectuelle et affective apportée par cette tierce personne et reconnue par la mère.
Il arrive cependant que la mère veuille eue « tout » : « Je suis tout : le père, la mère, la meilleure amie », affirme une jeune femme qui a voulu « faire un enfant toute seule ». À 7 ans, sa fille s'habille comme une pré-adolescente, refuse la discipline scolaire. La mère consulte un psychologue « pour la forme ». « Je sais que je trouverai moi-même la solution », dit-elle d'emblée, en refusant toute aide extérieure pour la fillette. « Comprenez bien, je suis venue uniquement parce que la maîtresse m'a demandé de venir. » Boris, 8 ans, a lui aussi une mère toute-puissante : « Je ne veux surtout pas qu'il soit comme son père dont je n'ai plus de nouvelles. Alors je l'élève dans l'admiration de la femme [en fait d'elle-même] pour que, plus tard, il n'abandonne pas celle qu'il aimera. » Boris, de son côté, dépense son argent de poche en achetant des perles et des gâteaux pour sa mère, lui écrit des poèmes. Mais, s'il est sage et bon élève à l'école, il n'a aucun ami, ne joue pas aux récréations, passe tous ses loisirs avec sa mère qui a choisi de ne travailler qu'à temps partiel pour rester avec lui. « De son père, Boris ne connaîtra jamais rien, je le lui ai dit ; il sait seulement qu'il l'a abandonné quand il était encore dans mon ventre, et ça suffit bien. »
Dans ce contexte, nul ne peut tenir la place de substitut paternel ; le père a manqué et manquera. Il n'y a pas de place pour qu'une troisième personne énonce la loi et, sinon la justice, la justesse. De telles attitudes maternelles énoncent qu'une toute-puissance est de ce monde, qu'elles ne peuvent se tromper, car elles aiment totalement, dans une imaginaire et douloureuse fusion. Sans relations d'amitié, sans jeux avec d'autres, Boris est comme amputé d'une part importante de lui-même, celle qui le conduirait à être membre à part entière de la société en sachant comment s'y situer. Souvent, de tels enfants auront de grosses difficultés avec la connaissance. Boris fait exception tant que le programme lui permet d'« avaler » de mémoire ce qu'on lui enseigne. Qu'en sera-t-il le jour où il devra être seul devant sa feuille blanche pour rédiger une dissertation de français ou de philosophie, quand il devra se confronter aux mathématiques supérieures ? Leurs relations aussi seront perturbées : ils jugeront personnes et situations comme la mère les juge et, la plupart du temps, refuseront les codes différents de ceux de la dyade qui leur tient lieu de famille.
Or, mère et enfants ne sont pas de la même génération, du même univers ; l'enfance s'efface, le monde évolue. Certains films ont représenté de façon stéréotypée la chambre du tueur en série comme une chambre peuplée de peluches et d'autos miniatures. Ils ne sont pas loin de la réalité psychique de ces jeunes incapables de construire leurs repères dans leur propre génération. Si beaucoup d'entre eux sont fascinés par les écrans de télévision ou d'ordinateur, ils ne font que s'enfermer dans des mondes éphémères et virtuels, loin d'un quotidien qu'ils ne peuvent explorer par eux-mêmes.
Lacan, Françoise Dolto ont beaucoup insisté sur cette nécessité de la loi du père qui ôte à la mère le pouvoir d'être tout mais donne à l'enfant celui de grandir et de se situer comme être humain à part entière dans un monde à lui, toujours en décalage d'un temps avec celui de la mère. C'est Damien, un petit garçon de 9 ans issu d'une famille unie, qui m'a appris combien la connaissance, mais aussi la vie affective, sont difficiles quand cette loi du père n'a pas été promulguée : « La conjugaison, c'est comme nous à la maison : il y a moi, "je", il y a maman qui est souvent là, et je lui dis "tu" ; je dis "il" en parlant de mon père quand il est au travail, mais, bien sûr, je lui dis "tu" quand il est là. » Trois personnes dans la conjugaison, trois personnes (ou plus, mais toujours trois, néanmoins) dans la famille. La vérité humaine est trinitaire.

À l’origine, un monde unique


Gaël est un jeune homme de 23 ans, très beau, totalement désemparé. Il n'a pas de métier, vit tantôt dans la rue, tantôt dans un hébergement d'urgence. Pourtant, il me raconte une enfance de contes de fées : « Quand j'étais tout petit, ma mère n'avait que moi ; je me rappelle une pièce rose et blanche ; j'avais un lit avec des draps très doux ; on me donnait beaucoup de jouets. Durant la journée, c'était ma grand-mère qui me gardait ; je ne faisais pas attention à elle ; elle me nourrissait, elle me promenait ; mais, quand ma mère arrivait, c'était la joie ; nous n'étions que tous les deux ; ma grand-mère s'en allait chez elle. Ma mère jouait avec moi, elle me racontait des histoires, elle m'apportait des habits neufs, des livres ; parfois, elle m'emmenait à la campagne ; c'est elle qui m'a tout appris : les arbres, les animaux, mais aussi les autos, les magasins. A l'école, tout ce que je faisais, c'était pour elle » Gaël a relativement réussi dans ses études : il a eu son bac avec une certaine difficulté, a commencé une licence d'histoire, et puis tout s'est écroulé ; la mère a dû être hospitalisée en psychiatrie, la grand-mère était morte depuis quelques années ; depuis, la mère vit en foyer et Gaël semble sombrer dans la dépression maternelle. Son enfance s'est vraiment passée comme il l'a racontée. Il n'a jamais su quel métier a pratiqué sa mère, mais elle a été riche et a élevé son fils comme un petit prince. Il n'a jamais appris le nom de son père. La mère n'en parle et n'en a jamais parlé à personne, pas même à sa propre mère. Pour Gaël, méconnaître son père n'est nullement ressenti comme un manque : « Ma mère m'a tout donné ; c'est de penser à sa maladie qui m'empêche de travailler, mais j'essaie de tout faire comme elle me l'a dit. »
Tout être humain, Gaël comme les autres, est issu d'une double origine, de ce défusionnement qui crée un être unique parce qu'il est précisément tissé dans des chairs et des désirs distincts qui n'ignorent rien de leur différence, de leur attirance et de leur distance. Pour autant, Gaël a été privé de tout ce qui pouvait lui dire qui il était. Il n'a jamais eu de petite amie ; il n'est pas homosexuel non plus. Il est seul, double éperdu d'une mère que la maladie mentale lui rend étrangère, et il ignore même sa propre quête du secret de la vérité humaine : être né d'un homme et d'une femme.
Devenus adultes, nombre des enfants qui ont grandi dans cet univers impossible ont les plus grandes difficultés à se reconnaître comme hommes ou femmes bien situés dans leur virilité ou leur féminité. Ils nouent avec leur corps des rapports étranges. Bertrand, 20 ans, change sans cesse d'apparence au point qu'on le reconnaît difficilement même quand on le rencontre souvent. Il se teint ou se décolore les cheveux, adopte tantôt le costume et la cravate, tantôt le look et le langage de la banlieue. Il rêve de rencontrer une jeune fille qui l'aimera, mais fuit toutes les occasions propices. Il embrasse volontiers les autres garçons, les prend par le cou, ce qui les énerve, mais il n'a jamais eu de relations sexuelles, qu'elles soient « homo » ou « hétéro ». En consultation, il ose dire qu'il veut retarder le plus possible ce moment de vérité, car il en a très peur. Il travaille régulièrement, très sérieusement, mais n'a pas vraiment d'amis, ni dans son milieu de travail, ni au-dehors. Il passe tous ses loisirs au cinéma. « Là, au moins, je vis », déclare-t-il en insistant sur le fait qu'il s'identifie toujours profondément à l'un des personnages : « Je peux être homme ou femme, à mon choix, à ces moments-là. » Bertrand n'a jamais su qui était son père. Il a grandi en enfant sage, mais semble ignorer la limite fondamentale qui constitue en vérité chaque être humain, celle de sa détermination sexuelle.

Le père « hors la loi »


Lorsque l'on forme des catéchistes, on entend toujours cette objection : « Comment parler de "Dieu Père" à des enfants qui ont un père alcoolique et violent, un père en prison, un père fou ? Ils ne comprendront jamais. » Tout d'abord, Dieu, parce qu'il est Dieu, n'est pas père à la façon des humains et, à plus forte raison, de ce que l'on perçoit du comportement des humains. De plus, on écoute peu les enfants. L'image du Père, de la loi donnée par le Père, ne se superpose pas à la réalité de la personnalité du père réel.
Il arrive fréquemment qu'un enfant idéalise un père violent, un père en prison, et ce même s'il en souffre et en a peur. Les enfants ne supportent pas que l'on juge leurs parents, pas plus qu'ils ne se moulent sur leur mode de vie quand le père n'a pas manqué. Il est malheureusement indispensable, parfois, de séparer un enfant d'un milieu de vie violent ou pervers, mais les racines demeurent. On peut dire à un enfant victime : « Ton père a fait ce qu'il n'a pas le droit de faire ; tu es protégé par la loi de ton pays », mais il s'agit là d'une parole de vérité, non d'un jugement moral, ce qui permet à l'enfant de « faire avec » ce père-là, connu, nommé. L'enfant est né d'une double origine et peut grandir.
Par ailleurs, à ces moments-là, la loi civile vient à son secours comme une instance symbolique, en étayant le rôle que le père n'a pas pu jouer et en protégeant le père et l'enfant. La sanction, en effet, est signifiante et juste. Tout enfant structuré sait ce qu'est une transgression et perçoit qu'elle doit avoir des conséquences, pourtant cela ne détruit pas l'image intérieure, en grande partie inconsciente mais identitaire, d'un père qui, même blessé et blessant, peut lancer dans la vie un enfant, surtout si on soutient celui-ci À cet égard, le film récent Nemo est tout à fait intéressant : il montre un père hyperprotecteur, prêt à refuser la loi en n'envoyant pas son enfant à l'école et en voulant être tout pour lui. L'enfant, lui, est infirme et fragile. Mais le père, par sa peur, transmet son deuil de la mère ; l'enfant a donc double origine, et, de ce fait, malgré les périls encourus, père et enfant se trouvent reconstruits. Le film montre aussi qu'il existe des pères qui peuvent être, comme les mères, totalement enveloppants et fusionnels pour l'enfant. Néanmoins, entre père et enfant, il existe toujours une distance : le père n'a pas porté l'enfant durant neuf mois dans sa chair ; l'évasion est alors possible, tout comme la reconnaissance d'un tiers aussi : Nemo a tout de suite des amis, il est ravi d'avoir un maître d'école.
Aussi paradoxal que cela paraisse, on peut donc affirmer que « mieux vaut un mauvais père que pas de père du tout », en apportant à cette affirmation tous les correctifs nécessaires à la protection physique et morale de l'enfant. Toutefois, connaissance et vérité de son être et de sa famille lui sont toujours dues.

Né d'une femme, né sujet de la loi


À sa naissance, dans sa première enfance, l'enfant ne connaît pas de limites. Pour différencier son corps, non seulement de celui de la mère mais de tout ce qui l'entoure, il a besoin de paroles signifiantes et de paroles à deux voix, l'une authentifiant l'autre. Très tôt, il reconnaît et apprécie la façon d'être porté, tenu par la mère et par le père.
La mère serre, berce, cajole ; le père, le plus souvent, joue avec l'enfant, le hisse sur ses épaules, lui fait faire des galipettes dans des jeux d'aller-retour perçus comme « à risques », et pourtant toujours protégés. L'apprentissage des limites physiques se fait aussi à deux : la mère signale le danger et veut parfois éloigner l'enfant de tout ce qui peut faire mal ; le père protège mais aide à prendre les premiers risques. Cela se fait de façon ténue, très peu consciente, sans être lié au temps ou à la culture mais à la différence entre l'homme et la femme.
Les enfants le sentent très bien. Pour être vraiment humain, il est nécessaire de renoncer à la toute-puissance, de devenir « sujet de la loi ». Cette loi fondamentale va bien au-delà de la loi morale. Elle est celle de l'unicité et de la différence : « Tu n'es pas ton père, tu n'es pas ta mère ; tu es toi, je t'ai nommé. » L'enfant de 3 ans, qui découvre cette solitude fondamentale de l'être humain, en ressent une grande souffrance ; c'est l'âge des cauchemars, des troubles du sommeil, de la révolte contre cette réalité qui se traduit par une opposition parfois farouche. Mais si cette découverte n'est pas faite très tôt, elle sera encore plus difficile et plus douloureuse plus tard et, parfois, ne se fera jamais. Le jeune, l'adulte chercheront désespérément à retrouver la fusion originelle, l'absence de limites, y compris corporelles. Les addictions, si fréquentes aujourd'hui, ont certainement des causes multiples, mais les perceptions qu'elles suscitent renvoient aux états d'avant l'émergence de la personnalité propre.

« Quand je prends de l'acide, affirme Stéphane, je sens que je me dissous ou que je deviens énorme ; parfois, j'ai l'impression de m'enfoncer dans une boue tendre et légère dans laquelle je vais dormir, et autour de moi volent des couleurs électriques qui me protègent. »

Retrouver ce corps unique, l'aimer dans sa différence, est parfois très difficile. Actuellement, la vogue des piercings, des tatouages, évoque cette difficulté à être soi qui se retrouve toujours quand, d'une certaine façon, le père a manqué. On doute même de la vérité de sa propre origine. Ce n'est certainement pas par hasard qu'un des lieux électifs du piercing est le nombril, par ailleurs montré aujourd'hui, alors qu'il était toujours caché dans nos civilisations, comme si la cicatrice originelle n'avait plus de sens, comme si l'on n'était pas certain de sa réalité : la vision de quelqu'un d'autre est nécessaire pour faire sens. Certains adolescents se tailladent même amèrement et quasi rituellement pour avoir des « marques » qui les rassurent sur leur identité et leur courage, sur la consistance de leur propre corps. Ces comportements étranges, inquiétants et quasi généralisés de nombreux jeunes posent question. Accuser les familles de démission est trop facile et se révèle généralement faux. Bien au contraire, les parents sont angoissés, démunis, ne savent comment aborder ces sujets avec leurs fils ou filles.

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Sommes-nous entrés dans une époque où les bouleversements du temps, de l'espace, des connaissances, sont tels qu'il nous faut retrouver le père des origines, le père qui nous a manqué à tous parce que nous sommes trop peu initiés à l'aujourd'hui ? En cette absence, le retour des fondamentalismes paraît bien être un des signes de l'errance de certains. Mais il semble que, plus encore que le sens de la paternité, on ait perdu le sens de la filiation. Au père de signifier à l'enfant son unicité et sa vérité, de lui transmettre son histoire ; à l'enfant de reconnaître son adoption par le père, adoption qui lui signifie ses limites mais aussi ses titres, son nom.
Par-delà cette double reconnaissance, il arrive qu'on en vienne à percevoir en soi cette image obscure, brouillée, d'un père autre, d'un père plus grand et plus mystérieux que celui qui nous a donné naissance et croissance, car nul ne peut s'emparer du mystère de l'origine. Saint Paul, dans l’Épître aux Galates, offre une des clefs de cette recherche qui nous a tous hantés un jour. « Nous aussi, durant noue enfance, nous étions asservis aux éléments du monde, mais quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la loi, afin de nous conférer l'adoption filiale. Et la preuve que vous êtes des fils, c'est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie Abba, Père. »