Salvator, 2017, 144 p., 14,90 €.

Comme le thème de la fragilité, celui de la joie suscite un grand nombre de publications philosophiques, pastorales ou spirituelles ces dernières années, peut-être parce que notre temps connaît mieux le piège des « passions tristes » dans lesquelles il peut se stériliser et qu'il cherche avec plus ou moins d'inquiétude à trouver ou retrouver le chemin de la joie. « Retrouver la joie », c'est ainsi le sous-titre et la perspective centrale de ce petit livre de Catherine Aubin, religieuse dominicaine, professeure de théologie spirituelle et de théologie sacramentaire à l'université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin. L'auteure développe la conviction que la joie n'est pas un événement extérieur au cœur de l'homme mais son essence même puisque « nous sommes faits pour la joie ». Dans un itinéraire qui voudrait aider le lecteur à s'éveiller à la joie, elle explore successivement les « lieux sources » de la joie (l'amitié, le moment présent, l'attention), les obstacles qui peuvent l'obscurcir (la peur et l'oubli), les moyens qui permettent de la cultiver (la confiance, la force, la gratitude, le chant).

L'auteure nous partage ici une parole à la fois fondée et très simple : le ton est assez intuitif, fait de convictions et d'affirmations qui s'enchaînent plus qu'elles ne sont vraiment discutées, quitte à laisser parfois le lecteur sur sa faim… Ceci n'enlève en général rien à la justesse du propos, bien construit et largement éclairé par des lectures bibliques ou par des références à des auteurs spirituels très variés (Augustin, Aelred de Rievaulx, François d'Assise et Éloi Leclerc, Thérèse de Lisieux, Madeleine Delbrêl, Etty Hillesum, etc.). Un livre qui peut nourrir la prière du lecteur ou accompagner un temps de retraite personnelle.