Prier à l’est du Tchad, est-ce bien différent que de prier dans un coin de banlieue parisienne, de Normandie ou dans une tour de Manhattan ? En effet, quel que soit le lieu où l’on se trouve, la prière est une aventure qui saisit l’existence, elle est ce lieu d’affrontement interne entre l’être qui veut se suffire à lui-même et qui cède, ou tente de céder, le pas à cet autre soi-même humble et écoutant au plus profond de lui-même ce qui n’est pas lui. Se mettre à l’écoute de cet Autrui enfoui dans le silence, caché obscurément derrière les mille plis et replis de la pensée, des sentiments, des combats intérieurs, voilà ce qui se propose à celui, à celle qui prie, en tous lieux de ce monde. 


La place du contexte 

Certes, les contextes de vie ne sont pas étrangers à cette démarche : c’est toujours dans un lieu et en un temps précis que quelqu’un prie ; et où qu’il soit, ses pieds, ses genoux, son séant touchent le sol d’une terre identifiable, que ce soit par le géographe ou par google map. Cette inscription dans le temps et l’espace atteste qu’il n’y a pas plus de prière en général qu’il n’existerait une humanité en général, et qu’il