Notre foi appelle à vivre les uns avec les autres. Or nous éprouvons tous la difficulté à répondre à cet appel. Nous rencontrer par-delà les différences et les barrières, est-ce un pari impossible ? Partons des rencontres heureuses pour découvrir les surprises que les périphéries peuvent nous réserver.
 

Le désir de rejoindre les périphéries pourrait nous installer dans l'illusion de possibles retrouvailles à bon marché où s'opérerait une réconciliation facile, chemin d'accès sans entrave à la pleine communion entre tous. Nous savons bien, cependant, que cette aspiration profonde de l'Humanité est aux prises avec un doute radical sur la possibilité de vivre les uns par les autres, les uns des autres, insinué en nous par le diviseur (diabolos). De cela, nous ne pouvons faire fi. Mais, alors, nous rencontrer par-delà les frontières, pouvoir serrer l'étranger sur notre cœur, sentir au plus profond ce qui nous réunit malgré tout ce qui nous sépare, est-ce une promesse valable seulement pour la Fin des temps, pour la grande réconciliation en Dieu, quand il aura essuyé toute larme de nos yeux et qu'il n'y aura plus de mort, ni de pleurs, ni de cris, ni de peine (Ap 21,4) ? Est-il légitime d'espérer en bénéficier dès maintenant ? Et, si oui, comment s'assurer que nous ne sommes pas en train de courir après une chimère ?

Pour éclairer ce point, je propose dans un premier temps de revenir sur la notion de « périphérie » qui a fait florès à partir de la prédication du pape François, pour y distinguer deux types de réalités qu'on ne peut aborder de la même manière. À partir de là, nous pourrons revenir à la question que je viens de signaler. Enfin, en écho à la réflexion de Christoph Theobald qui, dans son livre Urgences pastorales. Pour une pédagogie de la réforme dans l'Église1, s'inquiète d'une certaine perte du dynamisme missionnaire de l'Église, on s'interrogera : n'y aurait-il pas, autour des surprises que nous réservent les périphéries, de quoi retrouver un esprit missionnaire audacieux ?

 

Déroutantes périphéries

 

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