Postf. G. Baudry.
La part commune, 2005, 95 p., 13 €.


On referme ce petit livre avec le sentiment — rare entre tous — d'avoir pénétré dans un territoire jusqu'alors inexploré. Rien là d'extraordinaire cependant : à travers de courts poèmes, Pierre Tanguy, journaliste, écrit à sa tante moniale. Ou plutôt l'auteur procède à une relecture des lettres que depuis l'enfance il a reçues de cette tante, découvrant peu à peu ces « moniales si proches, si lointaines ». Pour autant, comme l'écrit le frère Gilles Baudry, de Landévennec, « l'épistolier, profondément reconnaissant, ne cède pas à la tentation du passéisme ou d'idéalisation d'un état de vie bien ancrée dans le concret du réel, bien que hors de portée ».
Comme souvent dans ce genre d'ouvrages, tout tient non d'abord au style mais au ton qui s'impose au poète. Ici, tout est étonnamment juste, pudique. Ces poèmes, finement cadencés, sont comme des murmures, à mi-chemin entre la voix intérieure et la psalmodie. Peut-être était-ce le seul mode capable d'exprimer, à travers cette autre irréductible qu'est une tante moniale, la lente conversion de Pierre Tanguy.