La quatrième de couverture nous avertit : il s’agit d’un journal spirituel. On pourrait s’attendre à un compte rendu intime et personnel, au fil du temps, d’une traversée spirituelle. Rien de tout cela. En effet, ce petit livre est un recueil de textes écrits à l’occasion, portant sur des questions, surgies au détour d’une conférence (« Penser la mort »), d’un article ou d’une genèse de texte (sur Péguy poète, Judith peinte par Botticelli), ou, mieux encore, d’une intuition, d’un appel (ce que fait le saint, la poésie comme exercice spirituel, une méditation sur le fils de David). Des textes nés des formes multiples de la Rencontre, et donc d’une expérience spirituelle.
Mais de quoi est-il donc fait l’expérience ? Le titre l’indique, mais, comme l’auteur, ce n’est qu’à la fin, en relisant notre lecture, que le fil de l’espérance apparaît, « fragile, fidèle », l’espérance que l’Esprit, dans les mille manifestations de l’esprit dont ces textes rendent témoignage, nous fait sortir du chaos, car « tout le monde peut douter de Dieu ou du Christ, mais devant l’Esprit on ne peut pas résister. Il n’est pas devant nous, il est en nous ».
Le texte placé au cœur de ce recueil dit admirablement ce lien entre l’Esprit et  l’espérance, toutes les formes de l’espérance : celle en la vie plus essentielle que la  mort, celle en l’action pour le Bien ou dans la révolte contre  le Mal.
Un livre pour reprendre pied, en des temps incertains.
Franck Damour