Toute la vie chrétienne est une recherche de la présence de Dieu, mais l'expérience la plus immédiate que nous faisons, c'est une absence. Or, notre désir n'est pas vain car il repose sur la promesse que Dieu sera toujours avec nous. À nous d'œuvrer pour rendre sa présence effective.

Quel saint du XXIsiècle, siècle technologique, nous procurera enfin l'instrument qui nous permettra de mesurer la présence de Dieu ? Un « théoprésentomètre » gradué (et rechargeable), qui nous dirait s'il est là, un peu, beaucoup, pas du tout, dans la prière et dans les cœurs, dans nos rassemblements et dans notre travail, dans telle décision et dans tel acte… Toute la vie chrétienne est une recherche de la présence de Dieu, mais l'expérience la plus immédiate que nous faisons, c'est une absence, une absence qui ne nous laisse pas en repos. Car la présence, telle que nous la vivons avec des êtres que nous aimons (et aussi avec ceux que nous n'aimons pas), est une présence vivante, donnée au corps et aux sens. Ce n'est pas ainsi que Dieu est présent dans notre vie.

Une présence promise

Nous savons pourtant, d'un savoir hérité de la longue chaîne des témoins depuis Abraham, que Dieu a choisi une fois pour toutes de « marcher avec son peuple », de « résider », de « demeurer » parmi son peuple. Notre désir de la présence de Dieu repose sur cette promesse ; il est, déjà, une façon dont Dieu est présent en nous. La formule de Pascal – « Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais trouvé »1 – résume cette idée fondamentale, particulièrement développée par saint Augustin2. Dieu, toujours déjà là, se révèle à l'humain dans son histoire, et il s'intéresse à lui : c'est la révélation que reçoit Abraham, d'abord au moment de partir pour le pays de Canaan (Genèse 12), puis au chêne de Mambré lorsque Dieu lui promet une descendance (Genèse 18). Cette Alliance est tissée des signes donnés par Dieu à son peuple pour qu'il croie en lui. Signes palpables, tangibles, signes faits de la matière, l'eau du Déluge, le souffle qui sépare la mer Rouge, la nourriture au désert, le feu du buisson ardent : mieux que des symboles, ils réalisent une présence qui donne vie, qui répond sans se lasser aux besoins de son peuple. Par eux sont données la vie, mais aussi une première connaissance de qui il est,...

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