L’au-delà, la vie après la vie, nous ne cessons d’y penser, même quand nous nous en défendons. Notre espérance évoque alors un monde de lumière et de paix dont le mal serait banni. Un long tunnel, marqué plus ou moins par des épreuves initiatiques, qui déboucherait sur la lumière. Qu’on pense par exemple aux témoignages réunis dans le livre de Raymond Moody La Vie après la vie (1975) ou dans d’autres ouvrages analogues qui firent florès il y a quelques années. Est-ce là l’espérance chrétienne ? Contrairement à ce que pensent spontanément beaucoup de chrétiens, Jésus ne nous a jamais promis le paradis, il nous a promis le Royaume : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde » (Mt 25,34). Ce Royaume, Jésus ne le décrit jamais, mais il est évident que, pour lui, il est associé à sa présence auprès du Père : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi » (Jn 17,24).
 
« Tu es mon Fils »
Lors de son baptême au Jourdain par Jean-Baptiste, Jésus reçoit ce témoignage du Père : « Une voix vint des cieux : “Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur” » (Mc 1,11). Et toute l’existence de Jésus confirmera ce message du Père.
L’Évangile de Jean en particulier nous le montre se référant continuellement au Père. Il vient de lui, envoyé par lui pour le salut du monde : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Uniquej Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle » (3,16). Il ne dit rien qui vienne de lui : « Celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu » (3,34). Il n’a d’autre projet que d’accomplir en tout la volonté du Père : « Je fais toujours ce qui lui plaît » (8,29). Il lui sera fidèle jusque dans la mort : « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse » (Lc 22,42). Remettant alors sa vie et son esprit (Jn 19,30), c’est au Père qu’il les remet attendant de lui sa glorification (12,23).
Ayant pris chair de notre chair, Jésus revit dans sa vie d’homme sa relation essentielle avec le Père. Pour lui, le Père reste ce qu’il est éternellement : son origine et sa fin. Engendré de toute éternité, il se reçoit du Père en tout ce qu’il est. Fils, tout son être est action de grâces au Père. C’est ce mouvement incessant d’accueil et de retour qu’il vit dans les limites de notre condition humaine à travers sa foi, sa prière, son obéissance. Il nous ouvre ainsi le chemin de la filiation qui va nous entraîner avec lui vers le Père.
 
« Venez, les bénis de mon Père »
Solidaire par choix de notre humanité, Jésus nous entraîne avec lui dans son ascension vers le Père. N’imaginons pas autrement notre avenir. À la suite du Christ, les cieux s’ouvrent pour nous aussi, non pas sur un quelconque paradis de délices...
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