CLAUDE FLIPO S.J. Lille. A notamment publié : Veillez et priez (Vie Chrétienne, 1980), Hommes et femmes du Nouveau Testament : cinquante portraits bibliques (Seuil, 2006), Jésus, maître de vie (Salvator, 2010). Dernier article publié dans Christus : « La fascination de la nature » (n° 227, juillet 2010).
 
La redécouverte de l’Esprit Saint, de son oeuvre dans l’Église et dans la vie spirituelle du chrétien, a fait retrouver le sens biblique du mot « consolation ». Du Livre de la Consolation d’Israël (Is 40-55), qui date du retour d’Exil, jusqu’à l’annonce de la venue de l’Esprit dans l’Évangile de Jean (ch. 16), le thème affleure dans l’Écriture comme un fil rouge qui tisse peu à peu la figure du Paraclet, cet autre avocat, ce défenseur qui vient continuer dans le coeur des fidèles l’oeuvre de Jésus. C’est en Lui que saint Paul trouve son réconfort, en bénissant « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos épreuves, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en toute tribulation » (2 Co 1,3). Et Paul ajoute à l’adresse de la communauté de Corinthe : « Vous êtes dans nos coeurs à la vie et à la mort. J’ai grande confiance en vous, je suis très fier de vous. Je suis comblé de consolation ; je surabonde de joie en toutes nos épreuves » (7,3).
 

L’action de l’Esprit dans les coeurs
 

Ce sont ces expressions et bien d’autres qui, éclairant l’expérience spirituelle de saint Ignace, lui inspiraient la façon de contempler les mystères de la résurrection du Christ : « Regarder l’office de consolation que vient exercer le Christ notre Seigneur et le com­parer à la façon dont les amis ont l’habitude de se consoler les uns les autres » (Ex. sp. n° 224). Cette manière de contempler, jointe à l’expérience intérieure du discernement des esprits, a développé chez les premiers compagnons d’Ignace une pédagogie spirituelle qu’ils appelaient « notre manière de procéder ». Dans l’oeuvre de la réforme de l’Église, tout renouveau, pensaient-ils, se réalise, non par discussions, règlements ou contraintes, mais par un retour à la source, à l’action de l’Esprit dans les coeurs : « aider les âmes » à retrouver, par des conversations, par le sacrement de réconciliation – qu’ils désignaient volontiers comme le « ministère de la conso­lation » – et par les Exercices spirituels, ce lieu intérieur où vient à la conscience la force de l’Esprit. Le plus fidèle témoin de cette pédagogie est Pierre Favre, qui, avec François-Xavier, s’était le mieux approprié le charisme ignatien de l’accompagnement spirituel. Parcourant l’Allemagne au temps du protestantisme naissant, et voyant d’une part la détresse de l’Église et les misères des hommes, et d’autre part le Christ rédempteur,...
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