Moines, religieux et consacrés sont, dans l'Eglise de ce temps, confrontés à de nouveaux défis, dans leur désir de vivre l'Annonce et de rendre témoignage au Christ ressuscité. Dans cette chronique à plusieurs voix, certains d'entre eux racontent ce qui change, dans la visée de la mission comme dans la manière de l'entreprendre, en lien étroit avec les membres d'autres instituts ou avec des laïcs vivant d'une même spiritualité.

Certains vieux arbres se mettent à bourgeonner de manière inattendue Telle est la situation des frères des Ecoles Chrétiennes en ce début de XXIe siècle. Le bourgeon qui naît et se fortifie porte un nom : association. Une association qui ne concerne pas seulement les frères, mais des laïcs qui se veulent partie prenante et même moteurs. De quoi s'agit-il ? Quel chemin nouveau est en train de se tracer ?. La notion d'association est au fondement de l'aventure lasallienne. Son initiateur, Jean-Baptiste de La Salle, comprend que l'école « pour les fils des artisans et des pauvres » n'est possible qu'assurée par une communauté d'hommes solidaires, capables d'inscrire leur action dans la durée. C'est pourquoi, en 1691, à un moment où son oeuvre est compromise, il s'engage irrévocablement avec deux frères à travers un « voeu d'association et d'union ». Il ne s'agit donc pas alors de s'inscrire dans la forme classique de la vie religieuse par les trois voeux . pauvreté, chasteté, obéissance. En 1694, cette fois avec douze frères, il réitère son voeu. Désormais, les frères des Ecoles Chrétiennes se définissent comme ceux « qui se sont associés pour tenir ensemble et par association les écoles gratuites ». Même s'ils entreront au fil du temps dans un cadre classique de vie religieuse, les frères gardent, sinon le voeu, du moins la conviction que l'association est une ligne de force de leur vie et de leur action. Ils n'imaginent pas encore que ce type d'association puisse en concerner d'autres que des frères.
Peu à peu, cependant, des laïcs travaillent à leurs côtés. D'abord considérés comme une force d'appoint, ils prennent de plus en plus de responsabilités jusqu'à occuper la quasi-totalité des postes de direction. C'est aujourd'hui une association essentiellement animée par des laïcs qui assure pour les frères le fonctionnement de la tutelle sur les 150 établissements du réseau lasallien français.
La question des origines resurgit alors sous un jour nouveau : suffit- il d'être de bons professionnels pour que l'école chrétienne réalise sa mission d'éducation et d'évangélisation selon l'esprit du fondateur ? Ne faut-il pas des hommes et des femmes enracinés dans une spiritualité adaptée à leur mission et soucieux d'oeuvrer solidairement, surtout face à des jeunes déboussolés ? D'où l'interpellation lancée aux frères par les laïcs : « Partagez-nous vos richesses, non seulement pédagogiques et éducatives, mais spirituelles. Votre charisme n'est pas une propriété privée. Nous y p...
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