Un des éléments fondamentaux de la foi catholique est la doctrine de la présence réelle du Christ dans le Saint Sacrement. Selon cette doctrine, à la consécration du pain et du vin au cours de la messe, bien que les apparences restent inchangées, le pain devient le vrai corps du Christ et le vin le vrai sang du Christ mort sur la croix pour le salut de l’humanité tout entière. Cette doctrine est commune à toutes les Églises apostoliques, c’est-à-dire les Églises dont l’origine remonte à l’Église fondée par Jésus lui-même sur Pierre et les Apôtres, et se confond avec elle. L’Église à laquelle il a promis d’être présent jusqu’à la fin des temps. Ainsi, la foi en la Présence réelle du Christ dans l’eucharistie est confessée non seulement par l’Église romaine, mais aussi par toutes les Églises orthodoxes, les anciennes Églises orientales, et les Églises orientales catholiques. Toutes ces Églises gardent le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ en dehors de la célébration elle-même, la messe ou la Divine Liturgie, pour pouvoir porter la communion aux malades et aux mourants.
 

Adoration eucharistique


Seule l’Église romaine, cependant, connaît la pratique de l’adoration eucharistique [1] lors de laquelle les fidèles viennent à l’église pour adorer le Saint Sacrement gardé exprès à cette fin dans le tabernacle et placé à un endroit où on peut le voir facilement. Quand il y a un service d’adoration eucharistique, le Saint Sacrement est sorti du tabernacle pour être exposé dans un ostensoir ou parfois laissé simplement dans le ciboire, qui est placé sur le grand autel à la vue des fidèles venus pour l’adorer. Cette célébration est accompagnée de chants et de prières, et se termine par la bénédiction solennelle faite par le prêtre avec le Sacrement présent dans l’ostensoir ou dans le ciboire. Très souvent les fidèles viennent aussi spontanément, de façon privée ou individuelle, pour adorer le Christ eucharistique dans le tabernacle. Mais, avec l’exposition du Saint Sacrement sur l’autel, cet acte d’adoration devient solennel et communautaire. Cette dévotion au Christ dans le Saint Sacrement est non seulement parfaitement légitime mais aussi tout à fait louable et à recommander.
Cette dévotion multiséculaire de l’Église romaine, développée et promue spécialement depuis la Réforme comme la réponse catholique décisive à la négation de la doctrine de la Présence réelle de la part des réformateurs [2], a pourtant, malheureusement, une conséquence négative qui n’était ni prévue ni désirée par l’Église. C’est cette conséquence que nous voudrions examiner ici, et à laquelle nous voudrions aussi trouver un remède.
 

L’enseignement du Christ


L’évangile de Jean...
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