Une messe du dimanche soir, pour des jeunes, qui prend davantage de temps « à l’écoute de la Parole », dans la joie de chanter la louange du Seigneur et de vivre un peu d’amitié au moment où le jour déjà touche à son terme, voilà la Messe qui prend son Temps, appelée communément la « MT » (trois cents personnes aujourd’hui à l’église Saint-Ignace à Paris dans le sixième arrondissement et peut-être deux mille différentes sur une année ; cinquante lorsqu’elle commença il y a neuf ans). Chaque dimanche soir en effet, depuis octobre 1999, des étudiants (un quart de l’assemblée), des jeunes professionnels (la moitié) et d’autres personnes qui désirent s’y associer pour écouter plus longuement la Parole viennent prier et célébrer l’Eucharistie. C’est une messe où la liturgie de la Parole est développée pour y intégrer un enseignement biblique, un temps de prière personnelle de vingt minutes en silence et un temps de partage en groupe de sept minutes.
Cette initiative pastorale est appuyée sur une conviction, exprimée par le cardinal Martini alors qu’il créait « l’École de la Parole » 1 à Milan : « Je suis persuadé, quant à moi, que pour un chrétien d’aujourd’hui, dans la société occidentale complexe, difficile, sécularisée, il est pratiquement impossible de persévérer dans la foi sans aussi se nourrir personnellement de l’Écriture. » Comment la mémoire des chrétiens pourrait-elle être éclairée par l’Esprit sur la personne du Christ Jésus sans une écoute profonde de la Parole ? Certaines conditions peuvent y contribuer.
 

Expérience intérieure


Retrouver des frères pour trouver le silence

La joie, souvent discrète, de retrouver des frères et des soeurs est une des conditions qui permet cette écoute. Se mettre « ensemble » 2 sous la Parole de Dieu, dans une communauté de passage accueillante, présente au rendez-vous et conduisant chacun sur un chemin d’intériorité pour écouter, dans le silence, son Seigneur lui adresser la parole. Au coeur de la célébration de la Parole dans la Messe qui prend son Temps, il y a un long temps, sans musique, sans rien, de silence complet : « Ces vingt minutes de silence, c’est pour cela que je viens, pour prendre le temps » ; « On a vraiment besoin de s’arrêter », peut-on entendre. Le cardinal Martini l’exprime en disant : « Alors, pour être vraiment capable d’accueillir le Verbe de Dieu, il faut entrer dans le Silence ; c’est le commencement. Or, justement, j’ai constaté que, dans notre ville moderne, il y a très peu de silence » 3.
La présence des frères est un soutien pour résister à l’oubli et ouvrir son coeur ; c’est une présence appelante. Cette présence représente un vrai travail fraternel en amont de la célébration : préparation du lieu, répétition de chants, volontariat pour se lancer à animer le groupe musique ou pour aménager le verre de l’amitié qui suivra la messe. Comme pour un repas de...
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