Seul le Vivant peut promettre la Vie aux vivants. Ce Vivant est l'Amour. L'Amour est le don de la Vie en acte. En lui se réalise originairement la communion des vivants dans la Vie qu'ils reçoivent. La promesse assure de la réalisation à venir d'une vie donnée à l'origine Se fier à la promesse de l'Amour, c'est croire en celui qui me l'a déjà donnée II est Dieu. Vivre pour Dieu, c'est être le Verbe qui se fait chair. Celui en qui se conjugue le Verbe et la Vie est le Père de tous les vivants qui se révèle dans la chair de son Fils.
La promesse est la parole qui soutient la vie de la chair dans le temps, où elle fait l'expérience du mensonge et de la mort. Elle autorise l'homme à croire que ce qu'il ne peut accomplir, quand bien même il le voudrait, se réalisera grâce au désir qui l'habite « Vouloir le bien est à ma portée écrit saint Paul, mais non pas l'accomplir. » Il croit à l'accomplissement de la promesse de Dieu dans le moment même où il reconnaît en lui ce qui y met obstacle, sa propre volonté et/ou son amour propre Et Paul de continuer : « Si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi. »
L'interdit, lui, est du côté de la Loi dont les articles indiquent ce qu'il faut faire ou ne pas faire pour demeurer dans l'Esprit de celui qui la promulgue. La loi organise une société en peuple selon un certain nombre d'impératifs que chacun des membres doit respecter. Qu'elle soit valable pour tous donne à celui qui la prononce une autorité souveraine, celle-là même qui autorise les Vivants à vivre. Mais sans promesse de vie en esprit et en vérité, aucun interdit ne peut faire loi.


Les interdits et le respect de la vie


Faire une promesse revient à demander à quelqu'un de croire sa parole Celui qui promet doit être fiable II s'engage à faire ce qu'il dit, à donner ce qu'il promet. Le fondement de notre foi en la promesse de Dieu est que nous sommes vivants, que la vie nous a déjà été donnée, et même si nous imaginons ne l'avoir pas reçue à l'endroit même où nous la refusons.
L'interdit permet à celui auquel il s'adresse de discerner l'obstacle qu'il met, lui, à l'accomplissement de la promesse : il s'édicte à l'impératif ou au futur dans une série de commandements qui font loi (Dt 5,6-21). L'obéissance à la loi ne trouve pas son origine et sa fin dans les interdits eux-mêmes. Elle ne trouve son sens que dans l'obéissance à celui qui interdit les fausses routes pour que se réalise la promesse. Il est faux de dire que nous obéissons à des interdits : nous n'obéissons en vérité qu'à celui qui nous les donne, afin que se réalise la promesse de son amour. En respectant les interdits, l'homme dit sa foi en celui qui promet la vie.
La loi s'édicte pour l'enfant au nom de l'alliance qui signifie la communion des vivants à travers laquelle la Vie lui est donnée. Dans la promesse qu'ils ont échangée, c'est du don de la vie qu'il s'agi...
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