L'écologie, une affaire de conversion ? Il semblerait bien que oui ! Il s'agit d'une conversion progressive à la possibilité d'agir et de garder espoir alors que le monde semble aller à sa perte. Devant le tombeau vide du Christ, Marie Madeleine nous ouvre le chemin…

La prédication évangélique s'ouvre sur cette invitation du Christ : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15). Un lien semble d'emblée posé entre l'acte de se convertir et la joie d'une heureuse annonce. Se pourrait-il alors que la « conversion écologique » à laquelle l'Église nous appelle1 soit du registre de ces bonnes nouvelles qui redonnent sens à nos vies ? L'espérance et la liberté d'action auxquelles nous aspirons sont peut-être à portée de main, pour peu que l'on ose se risquer à un itinéraire intérieur. Pour éclairer ce que serait cette conversion, allons au cœur de la foi chrétienne, du côté de la résurrection et de ses effets dans nos vies, en prenant comme compagne de route Marie Madeleine.

L'heureux retournement de Marie Madeleine
Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant, elle se penche vers le tombeau et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds.
« Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis. » Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le prendre. » Jésus lui dit : « Marie. » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni » – ce qui signifie « Maître ». Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ! Car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. » Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »
Marie de Magdala au tombeau (Jn 20, 11-18, traduction TOB).

Le récit est bien connu : au petit matin de Pâques, près de Jérusalem, une femme vient dans le jardin embaumer le corps du Messie. Tout commence par des larmes et l'angoisse de l'absence. Étrange geste de Marie, qui regarde à l'intérieur du tombeau et penche la tête dans l'obscurité. Drôle de vis-à-vis, fasciné par la mort. Apparemment, c'est la fin et plus rien n'est possible. Pourtant, il y a déjà des lumières dans l'ombre profonde, deux anges vêtus de blanc ; Marie parle avec eux sans même s'en re...


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