Si le rire, la joie, l’humour semblent indissociables de l’histoire humaine1, ils ne peuvent être absents de l’histoire de la Révélation, ni de la rencontre de Dieu et de l’homme. Néanmoins, quand est-il question de rire et d’humour dans la Bible ? Ces livres s’en seraient-ils volontairement passés pour ne pas nuire au sérieux de leur propos ? En effet, dans l’Ancien Testament, il est peu fait état de rires, et quasiment pas dans le Nouveau Testament, sauf à le mettre du côté des moqueurs et des méchants. Est-ce à dire que Jésus n’aurait jamais ri, ni eu de l’humour ? Quand est-il question de rire, de joie ou d’humour dans le Nouveau Testament ?

Une première considération vise à distinguer le rire et la joie de l’humour : les démarches, la méthode, les problématiques et d’abord les textes à étudier sont différents sur l’un et l’autre versants, celui des faits où il est question de rire et de joie d’une part, et celui des manifestations qui prêtent à rire de l’autre. Car, d’un côté, nous pouvons nous appuyer sur l’ensemble des textes qui décrivent et nomment le rire et la joie, alors que, de l’autre, nous devons trouver les textes qui cherchent à faire rire. Et l’un des grands problèmes de cette dernière recherche est de savoir s’il y a un sujet unificateur derrière ces différents textes dits humoristiques voire ironiques. Car, concernant l’humour, le comique, l’ironie qui se dégageraient des textes du Nouveau Testament, tout est affaire d’interprétation et les exégètes2 n’ont pas les mêmes critères d’appréciation. C’est pourquoi, j’en resterai au rire et à la joie dans le Nouveau Testament.

Pour le rire, nous partirons du vocabulaire, nous ferons de même pour la joie ; et nous lirons quelques récits où la joie ou l’exultation sont mentionnées et nous verrons quelles en sont les causes et les circonstances. Nous nous occuperons du Nouveau Testament mais nous nous appuierons sur les textes de l’Ancien Testament, surtout si les textes néotestamentaires s’y réfèrent. Examinons différents types de rire.

Le rire moqueur

Les moqueries des passants devant Jésus sur la croix s’appuient sur les textes de l’Ancien Testament où les hommes malveillants sont souvent présentés comme des moqueurs alors que les hommes sages sont vus comme des personnes sans malice. Dans le Nouveau Testament, le rire de ceux qui rejettent le Fils de Dieu éclate lors de la Passion de Jésus, lorsque les soldats et passants se moquent de lui en croix et l’insultent (Mt 27,27-37 ; et parallèles), de même quand les chefs du peuple ricanent en lui rappelant que le Messie est le sauveur : « Il en a sauvé d’autres. Qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23,35 ; et parallèles). Ces énoncés s’appuient sur des textes comme : « Tous ceux qui me voient, me raillent ; i...

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