Chaque année, la Délégation catholique pour la coopération (DCC) envoie plus de deux cents volontaires à l'étranger. Pendant sept ans, Bénédicte Lamoureux a été responsable de leur accompagnement et de leur suivi. Elle partage ici quelques réflexions sur son expérience auprès des volontaires qui découvrent la joie auprès des « périphéries » du monde.
 

Bénédicte Lamoureux : Religieuse xavière, j'ai passé onze ans en Afrique, ce qui m'a conduit à la Délégation catholique pour la coopération (DCC), où je suis arrivée il y a sept ans en raison de ma double compétence : ma connaissance du continent africain et mon expérience de l'accompagnement, au sens large (spirituel et humain). Avant cela, j'avais été bénévole à la DCC : d'abord chargée de mission pour le Tchad puis formatrice. Forte de ces expériences, j'ai été envoyée au siège parisien2 pour y prendre la responsabilité du suivi des volontaires sur le terrain, en lien avec tous les partenaires.

 

De tous horizons

 

Christus : Pouvez-vous nous présenter la DCC ?

B. L . : La Délégation catholique pour la coopération est une ONG de développement, créée en 1967 par l'Église de France à la demande de l'État français qui a lui-même sollicité les évêques. Ainsi, dès son démarrage, la DCC est liée à l'État autant qu'à l'Église. Une loi pour le volontariat a d'ailleurs été votée en 2005, unique en Europe, grâce à laquelle les volontaires ont un vrai statut social (avec couverture sociale et rapatriement sécuritaire ou sanitaire). Ainsi, partir en volontariat est une cause légitime de démission d'un travail. Nos contrats vont de trois mois à deux ans, renouvelables jusqu'à six ans. L'État nous aide financièrement et favorise même la réinstallation des personnes au retour par une indemnité. Les diocèses de France nous aident pour une autre part mais nous vivons beaucoup de dons, ce qui rend parfois notre équilibre fragile


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