En spécialiste des Sciences de l’information et de la communication, Gilles Le Cardinal apporte l’éclairage utile des théories de la communication sur le respect indispensable à toute vie en société et parfois mis à mal par un appel sans discernement à la liberté d’expression.

 
La liberté, première des valeurs françaises, est une des composantes de la trilogie républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité. Cet article voudrait revisiter la plus importante de ses déclinaisons, la liberté d’expression, à l’aune de notre spécialité, les Sciences de l’information et de la communication. Nos travaux à l’Université de Compiègne ont porté sur la recherche des processus cachés de la communication, et des méthodes susceptibles de construire le vivre ensemble et la coopération durable. Les processus de la communication sont, en effet, plus complexes qu’on ne le pense et méritent d’être explicités pour en comprendre les enjeux et les pièges. La confiance nous est apparue comme le facteur clé permettant d’atteindre ces objectifs.
C’est une éthique des relations humaines qui s’est alors imposée à nous, où respect, légitimité, loyauté et confiance se combinent pour ajuster les trois valeurs de la République, et pour construire un « vivre et travailler ensemble » dans le respect des différences. Or, la différence est une réalité à double face : côté pile, elle est joie, richesse et créativité, côté face, elle est source de souffrance, de difficulté, de conflit, voire de violence. La souffrance de la différence n’est acceptable, en effet, que dans la joie de la reconnaissance.
Une réflexion sur l’humour et la dérision s’avère utile pour en tirer les conséquences sur les droits et les devoirs de la liberté d’expression.
 
 

Les processus de la communication humaine

 
 
Le philosophe Warren Weaver[1] a distingué les trois grandes dimensions de la communication :
  • le problème technique : identité des signaux émis et reçus ;
  • le problème sémantique : identité du sens émis et du sens reçu ;
  • le problème pragmatique : identité du résultat du message souhaité et du résultat obtenu.
 
En fait, le concept clé de la communication est  le « message », son contenu en information, son objectif en termes de changement souhaité, la nature de la relation qu’il exprime avec les destinataires, l’estime qu’il sous-tend vis-à-vis d’eux. La qualité d’un message peut alors s’évaluer selon les critères suivants : sa rece...
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