Il convenait de clore ce dossier en revenant au fondement de la vie politique : l’engagement et la responsabilité d’un élu à l’égard des électeurs sur le terrain et sa participation « à l’édifice commun ». S’il y a un enjeu spirituel décisif dans l’expérience politique, c’est celui de « s’interroger sans cesse et de pouvoir s’extraire suffisamment pour ne pas être tributaire du seul éclairage de ses convictions », dit la députée de Mulhouse. Voici son témoignage.

Je ne suis pas une femme politique au sens où j’aurais été familière de ce milieu et formée pour cela. Mon père était cheminot, d’origine modeste, et je suis plutôt le fruit de l’égalité des chances et d’un ascenseur social qui fonctionnait bien à l’époque : Sup de Co à Grenoble, avec option financière, complétée par du droit, et finalement avocat d’affaires. C’est une belle profession, très intéressante et confortable matériellement. Mais, vers 40-45 ans, de vraies questions me sont venues : n’y a-t-il pas autre chose dans la vie qu’une vie familiale et professionnelle réussie ? Qu’est-ce que je fais de ma vie ? Est-ce que je peux m’ouvrir à quelque chose ? 


Importance de la « reliance »


La vie associative offre de multiples ouvertures, mais la politique est un engagement noble, plus accordé aussi à ce que j’ai reçu de mon père : très patriote, homme de gauche, il s’exprimait très peu, mais il nous a appris l’ouverture d’esprit et le sens de la fraternité. Ainsi, nous obligeait-il, tout catholiques que nous étions, à aller une fois par an au temple protestant et à la synagogue. Il n’y avait pas de mosquée à cette époque... Cela m’a fait sentir toute l’importance de la « reliance » entre les hommes pour avancer vers une fraternité plus réelle et tangible. Je suis bien loin d’en avoir vraiment compris tous les tenants et aboutissants, mais l’engagement politique permet de mieux accéder à un début de réponse et à trouver quelques pièces du puzzle.
Emmenée en politique par le sénateur Haenel (aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel), j’ai été élue pour la première fois en 1998 sur une liste en qualité de conseillère régionale, puis en 2002 en tant que députée du Haut-Rhin (Mulhouse). Dans la circonscription où je suis, ce sont beaucoup de gens simples qui m’ont élue – je suis très gaulliste et sociale – mais, à la fin de mon troisième mandat, j’arrêterai la politique car, pour moi, c’est une expérience et un engagement, et non une fin en soi. J’ai aussi envie de me lancer dans d’autres expériences, plus spirituelles notamment, comme la lecture et la connaissance de la Bible.
 

Au service de tout l’humain


Ce qui me passionne en politique c’est la rencontre des gens et de leur vie telle qu’ils la vivent, avec ses beautés et ses drames, sa complexité et sa simplicité. C’est tout l’humain qui se présente à la permanence de l’élu, et qu’il faut écouter et comprendre. Je suis fière de c...

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.