De l'erreur de croire que ce que nous percevons ou expérimentons est réalité. La nature surprend même le chercheur, là où il ne s'y attendait pas. Nous voici conviés à l'admiration : l'inattendu apparaît là où nous ne croyions observer que répétition.

Si Dieu, dans son dessein pour le cosmos, avait voulu tout planifier, on peut imaginer, par commodité, qu'il inventât la répétition comme une façon astucieuse d'organiser l'éternité et l'infini.

Un peu comme le font les concepteurs de jeux vidéo : ils créent des petits programmes qui se répètent un grand nombre de fois et donnent l'illusion de luxuriantes forêts, de foules, de cohortes de zombies à exterminer dans des aventures addictives qui peuvent ne pas avoir de fin.

Dans la nature, tout se répète, inlassablement : les battements du cœur, le jour et la nuit, les saisons, pour ce qui relève de notre perception habituelle. Et, dans ce que nous dévoile la science : les glaciations et les réchauffements climatiques, les extinctions biologiques et les foisonnements de vie, les naissances d'étoiles et leurs morts quelquefois prodigieuses en explosion de supernova, l'apparition des galaxies et leur disparition dans quelque exotique trou noir.

Les cosmologistes imaginent même que des univers parallèles puissent émerger puis s'annihiler, comme les bulles de savon que soufflent les enfants.

Les rythmes et leurs répétitions occupent le temps. Il en est de même pour l'espace.

Admirez les motifs qui composent nos paysages : tout se répète également. Des atomes aux galaxies, des montagnes aux océans, les plantes, les animaux. Les arbres ressemblent aux arbres et les moutons ressemblent aux moutons. Leur contemplation peut produire l'ennui et pour certains l'endormissement. « Un mouton... deux moutons... trois moutons... quatre... ZZZ… »

Est-ce un dessein de Dieu ou la simple conséquence de notre façon de regarder le monde ? Les neurobiologistes nous éclairent sur ce sujet. Notre pédagogie est basée sur la répétition. Comme notre cerveau apprend à partir de répétitions, il sera plus enclin à voir des répétitions partout, parce que c'est comme cela que nous le construisons.

La plasticité de cet organe est telle qu'à l'époque où nous découvrions la mécanique, tout dans l'univers nous paraissait mécanique : mouvement des astres et des sphères,...


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