Béatifié voici quelques années, Charles de Foucauld continue de fasciner par la complexité de son itinéraire et les interprétations qui en sont proposées au plan spirituel, historique ou psychologique.
Historien et éditeur, Charles Chauvin avait consacré à l’abbé Huvelin (Desclée de Brouwer, 2007), le confesseur de Foucauld, une biographie remarquée. Il choisit ici d’évoquer l’ermite du Hoggar à travers le prisme de ses lettres : « À la suite des spécialistes contemporains de ce personnage célèbre, je me suis persuadé que c’est la Correspondance de Charles de Foucauld, et elle seule (il n’a cessé toute sa vie d’écrire) qui peut permettre, de façon fidèle et chronologique, de communier aux sentiments et aux desseins du futur “frère universel”. » Cette correspondance aide en effet à le suivre pas à pas à travers des personnages aussi divers que sa cousine Marie de Bondy, l’abbé Huvelin, le colonel Laperrine ou Louis Massignon. à tous ses proches et amis, Foucauld explicite ses différentes démarches, ses interrogations, ses convictions et aussi ses demandes de soutien. Nous percevons du coup un personnage plus concret, toujours en mouvement. Nous voyons le savant, l’ami, le chercheur de Dieu, nous le suivons à travers ses tentatives de vie religieuse jusqu’à sa dernière halte auprès des hommes du désert : « Quoi qu’il en soit, écrit l’auteur, le marabout chrétien a atteint son but : son attitude envers les Touaregs a été celle d’un homme qui voulait les apprivoiser ; rappelons-le une fois encore : en se faisant aimer, en se faisant apprécier, en manifestant sa bonté par son sourire, par son accueil et par la distribution d’aumônes. Sans aucune perspective de conversion au christianisme. Ce missionnaire-semeur est un défricheur et il aime à répéter les moyens auxquels il recourt. »
Comment ne pas voir que sa postérité spirituelle se déploie chez un Christian de Chergé, entre autres ?
Marc leboucher