Labor et Fides, « Petite bibliothèque de spiritualité », 2020, 256 p., 18 €.

Thérèse Glardon, qui a enseigné l'hébreu et anime des ateliers bibliques et des retraites, s'appuie sur sa connaissance de l'hébreu pour proposer une lecture spirituelle et existentielle du Cantique des cantiques. Ce dialogue amoureux aux accents profanes et sensuels a pourtant été retenu par le canon biblique et lu très tôt comme une allégorie de l'amour de Dieu lui-même, époux, roi et berger, pour Israël. L'auteure en propose une belle traduction et relit, chant après chant, ce texte décidément complexe et énigmatique. Elle relève nombre d'échos dans ces vers – lexique, images ou motifs – avec d'autres textes de l'Écriture et en tire des commentaires suggestifs. Elle souligne surtout le parti pris d'un amour humain « partagé, unique et exclusif » qui met à parité l'homme et la femme et dit l'« ardeur empressée » d'un Dieu en quête de l'homme, malgré les rencontres manquées. La beauté et la richesse de ce grand texte qui a aussi inspiré poètes et mystiques disent l'intensité de cet amour inconditionnel, à la fois brûlant et délicat, et qui ne se donne que dans la déprise. Cette lecture est une invitation à le redécouvrir pour sortir de soi, oser s'adresser à l'Aimé et grandir dans l'Amour.