L'impossibilité de célébrer a eu notamment pour conséquences de mettre à mal un fondement de la vie chrétienne : l'unité entre Parole, Pain et fraternité. Or Parole, Pain et présence des frères sont indissociables dans l'eucharistie et constituent le cœur de la vie chrétienne.

J'ai commencé à réfléchir à cet article le samedi 17 avril 2021. Le matin avait été occupé dans le diocèse de Reims par une rencontre des membres des conseils qui structurent notre dispositif pastoral.

Des expériences peut-être trop positives…

Cette rencontre avait finalement été organisée ainsi : l'équipe animatrice était réunie dans une salle de la maison diocésaine avec les quelques intervenants prévus et les échanges et interventions étaient diffusés sur YouTube à destination de ceux et celles qui le voulaient et dont plusieurs s'étaient réunis à trois ou quatre, à proximité de chez eux. La technique a bien fonctionné : la connexion à YouTube est facile à obtenir, la diffusion a été de bonne qualité, les participants ont pu envoyer leurs questions ou partager leurs réactions, la prière avait une belle tenue. Surtout, le bilan final fait apparaître que des personnes nombreuses ont pu participer à la matinée, alors qu'elles ne seraient pas venues jusqu'à Reims depuis le bout des Ardennes ou de la Marne et que plusieurs personnes ont regardé tout ou partie de cette matinée en différé. Pour l'équipe d'animation, les questions techniques réglées, le déroulement était facile, il n'y avait pas de temps mort, pas de déplacement vers des salles pour des rencontres en petits groupes, il n'avait pas été nécessaire de préparer de grandes quantités de café ni d'organiser un déjeuner. La matinée a rempli son rôle, tout le monde a économisé du temps et donc de l'argent, beaucoup ont pu profiter de la souplesse d'utilisation de l'outil.

Le même jour, les Britanniques célébraient les funérailles du prince Philip. Magnifique déploiement de pompes militaires et religieuses, parfaite mise en œuvre du déroulement prévu, devant un public limité, trié, choisi. Même s'il y a eu quelques rassemblements, on peut supposer que les forces de sécurité ont apprécié cette manière de faire : les prodiges de la télévision et de la diffusion numérique ont permis à des millions de personnes de suivre l'événement, d'en partager l'émotion sans encombrer les routes, sans salir les parcs et les jardins, sans trop de risque terroriste. Comment, dans le temps d'après, retrouverons-nous les rassemblements...


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