Mourir pour la foi n’est pas si simple à accepter pour nous, qui sommes plus spontanément sensibles à la rencontre de l’autre dans toute sa richesse, qu’au partage d’une foi souvent identifiée à sa formulation doctrinale ou catéchétique, un peu abstraite. Dans une telle vision, les « Missions » d’autrefois risque d’être trop vite assimilées à une entreprise de conversion où il s’agit d’inculquer des notions et des pratiques chrétiennes, plus que la découverte d’un Dieu vivant, incarné, qui accueille en Eglise, qui transforme le sens des relations et ouvre la culture.
 
Une telle image est bien loin des témoignages et de la correspondance du P. Berthieu, qui soulignent à l’inverse et très simplement les liens et la fécondité de l’amour et de la foi, source de la mission depuis Jésus. C’est cet amour des gens et de leur terre qui conduisit Jacques Berthieu à donner sa vie à Dieu, d’abord dans le presbytérat en Auvergne, puis dans la Compagnie de Jésus qui l’envoie à Madagascar. La force et la joie d’aimer, il les tenait de Dieu, qui a mis sa foi et son amour en lui, débordant ainsi toutes ses limites, et il les a manifestées auprès de ces familles, en partageant quotidiennement la dureté et la beauté de leur vie vingt ans durant. Et le même amour de pardon et de miséricorde lui a donné la fidélité et les ressources spirituelles pour combattre les forces d’envie ou de possession qui dégradent et menacent la dignité de chacun et la paix en famille et entre tous. Il en est mort.
Il rejoint cette longue lignée de martyrs de la foi qui ont donné leur vie à la manière de Jésus-Christ, pour que les hommes croient vraiment à la bonté qui les habite et qui leur vient d’un Dieu qui les appelle à l’amour et à la paix.

Remi de Maindreville sj


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