GODEFROY MIDY S.J. Centre de spiritualité Pedro Arrupe, Port-au-Prince, Hati. Cette homélie a paru dans le Bulletin de Liaison du Centre Pedro Arrupe, vol. XV, n° unique, janvier 2011. Nous remercions son rédacteur en chef de nous avoir autorisés à la publier.


Cette homélie a été prononcée le 27 février 2010 lors d’une journée de partage de la Conférence hatienne des religieux (CHR), en souvenir des religieuses et religieux morts dans la catastrophe du 12 janvier.

Si le tremblement de terre haïtien avait eu lieu à un autre moment de la journée ou de la nuit, je serais mort et ne serais pas présent à cette célébration du souvenir des nôtres… Vous non plus – pas vrai ? –, vous ne seriez pas présents…Si le tremblement de terre haïtien avait eu son épicentre plus près de ma maison, ou bien s’il l’avait frappée un peu plus fort et plus longtemps dans sa partie la plus vulnérable, je serais mort et ne serais pas présent à cette célébration du souvenir des nôtres… Vous non plus – pas vrai ? –, vous ne seriez pas présents…
Nous sommes en tout cas vivants, vivantes, vous et moi, sans aucun mérite de notre part. Nous avons alors une mission, une mission que Dieu nous donne, celle de vivre notre vie providen­tiellement protégée, pour servir, seulement pour servir. À notre vie, nous devons donner toutes ses possibilités pour qu’elle grandisse en humanité et en sainteté, pour être pur don, pure générosité. Le bon Dieu a besoin de nous pour qu’avec un coeur nouveau, un esprit nouveau, une mentalité nouvelle, nous l’aidions à construire une Haïti nouvelle.
 

L’origine du désastre


Les textes bibliques que nous venons d’écouter (Jacques 1,2-4.12 ; Psaume 90 ; Luc 13,1-5) veulent à leur façon nous supplier de ne pas faire de Dieu la cause ou l’auteur du tremblement de terre haïtien. Dieu ne serait pas Dieu s’il pouvait faire une pareille chose. Si Dieu était l’origine de ce désastre qui est la plus grande tragédie du siècle, Jésus serait le premier à nous demander de ne pas croire en ce Dieu-là. En effet, un pareil Dieu serait le plus cynique des cyniques, le plus criminel des criminels, un véritable monstre. La méchanceté de ce Dieu-là dépasserait en cruauté celle des sadiques et des masochistes de tous les temps, car c’est Lui, Dieu, qui aurait cassé mon pays et mis mon peuple à genoux.
Oh non ! je ne veux pas, je ne voudrais jamais croire en ce genre de Dieu, car Jésus nous a révélé un Dieu-Amour, qui n’est qu’Amour. Il n’y a pas d’autres dieux. Amour, bonté, beauté, pur don, pure générosité, tel est le Dieu de Jésus, notre Dieu. Quand nous affir­mons qu’Il est tout-puissant, c’est son amour qui est tout-puissant, c’est-à-dire capable de se donner de façon infinie et gratuite jusqu’à l’extrême, jusqu’à la fin.
C’est en ce Dieu-là, en lui seul, le Dieu de Jésus, en...
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