Parcourant les rayons d’une librairie, je suis resté en arrêt devant un pavé noir et jaune : Le développement personnel pour les nuls. Sur la jaquette : « Ami lecteur, vous êtes sur le point d’entreprendre un voyage vers les terres du bien-être, et cet ouvrage vous présentera les techniques les plus en vogue en matière de développement personnel. » Allez, c’est dit, je saurai tout sur le développement personnel !


 Une expression, de multiples définitions…

Suivant le contexte dans lequel il est utilisé, le concept de « développement personnel » connaît des acceptions assez différentes.
Pour l’Organisation internationale du travail (OIT), il est une composante essentielle du « travail décent » qui « donne aux individus la possibilité de s’épanouir et de s’insérer dans la société, ainsi que la liberté d’exprimer leurs préoccupations, de se syndiquer et de prendre part aux décisions qui auront des conséquences sur leur existence. Il suppose une égalité de chances et de traitement pour les femmes et les hommes ».
• Dans la mouvance du New Age, l’insistance pourra porter sur « toutes les activités proposant de développer une connaissance de soi, de valoriser ses talents et potentiels, de travailler à une meilleure qualité de vie, et à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves ».
• Pour le coach en entreprises, « le sens de la vie professionnelle suppose la recherche d’une cohérence intérieure entre son intention et son action, entre son vouloir et son pouvoir, entre son désir et sa réalité, etc. Toute démarche de coaching s’envisage donc comme une invitation à trouver sa ligne de conduite personnelle ».
(Frank Bournois, Thierry Chavel et Alain Filleron (dir.), Le grand livre du coaching, Eyrolles, 2008, « Introduction générale », p. 9.)
• En revanche, si l’on en croit ce témoignage anonyme, pour le coach personnel ou le formateur, il s’agira de répondre aux nécessités du temps présent : « En cette période de grands changements et d’instabilité, beaucoup de gens se sentent dépassés et plus alignés sur leur moi profond, leurs envies profondes, en résulte une dichotomie entre ce qu’ils présentent d’eux-mêmes à la société et ce qu’ils sont réellement, à l’intérieur d’eux-mêmes : le masque... cependant tous contiennent en eux les solutions, les clés, afin de se sentir mieux et de s’épanouir. »
(« Apprendre à vivre. Des philosophies antiques au développement personnel », Revue Sciences Humaines, Les grands dossiers, n° 23, juin-août 2011, p. 76.)
• En 2011, Jean-François Dortier en propose une définition que nous résumons ainsi : les techniques de développement personnel visent à la transformation de soi, en apprenant à se connaître pour se défaire de certains aspects pathologiques personnels (phobie, anxiété, déprime, timidité, etc....
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