La prière de Jésus, ou prière du cœur, est l'âme de l'Orient chrétien et tout particulièrement de l'orthodoxie. Cette prière, qui se caractérise par sa simplicité et l'unité intérieure à laquelle elle amène le priant, est largement répandue au-delà du monde orthodoxe.

La prière de Jésus est pour ainsi dire l'âme de l'Orient chrétien, le cœur profond de l'orthodoxie où se vit et se noue dans l'intime la relation à Dieu. On désigne par prière de Jésus la forme générale de prière en vigueur dans le monde orthodoxe. En Occident, pour parler de cette prière, on la désigne le plus souvent comme la « prière du cœur ». C'est autour de cette prière dite « de Jésus » que la spiritualité orthodoxe s'est construite et s'est exprimée au cours des siècles. Quiconque s'intéresse de près à l'orthodoxie et à sa spiritualité ne peut faire l'impasse sur elle. Elle a ainsi une telle popularité qu'elle s'identifie presque à la prière intérieure pour l'orthodoxie. Pour la découvrir, il existe en français une littérature spirituelle foisonnante autour de cette prière.

Les oraisons, les prières spontanées

Afin de parvenir à l'union à Dieu, but ultime de la vocation chrétienne, l'homme a recours à différentes méthodes, il cherche par lui-même différents moyens pour y parvenir. C'est pourquoi on trouve, dans les tout premiers siècles du christianisme, la pratique des « oraisons jaculatoires », des prières naturelles et spontanées. Étant spontanées, elles revêtent un caractère propre et personnel et sont donc très différentes suivant les individus, cela entraîne une très grande variété de formules. Saint Jean Cassien1 prendra par exemple le premier verset du psaume 70 : « Ô Dieu, vite à mon secours, Seigneur, à mon aide ! » Ces différentes formules se forgent autour d'une formule simple et courte de quelques mots, prière répétée fréquemment, sinon continuellement.

Le Kyrie eleison

La forme primitive de la prière de Jésus semble bien être le Kyrie eleison qui est utilisé dès l'époque des Pères du désert. L'expression « Kyrie eleison » est bien plus riche que sa traduction française : « Seigneur, prends pitié ». Eleison évoque non pas la commisération mais la présen...


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