En pensant aux témoins de la foi qui m’accompagnent lorsque je vis un service d’Église, je me reconnais inspirée et portée d’abord par l’exemple de Marie. Marie, accueillant humblement l’appel dans la grande lumière intérieure de l’Annonciation. Marie, poussée par la charité, se mettant en route en toute hâte pour assister Élisabeth et aussi parce que là, dans ce qui arrive d’extraordinaire à sa cousine, se trouve la confirmation, le signe de son propre appel. Marie, contemplative face aux événements. Marie portée par un appel particulier et Joseph, à ses côtés, l’accompagnant dans sa mission. Marie douloureuse mais espérante. Jusqu’au bout.
Je suis aussi « habitée » par la vie et l’exemple des saints qui me sont proches. Ils sont mes amis et ils me soufflent une manière de faire le moment voulu. Pas un en particulier, pas ce qui est extraordinaire dans leur vie, mais au contraire comment ils ont converti l’ordinaire du quotidien en quelque chose qui a du sens. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus me guide avec sa petite voie : « Même quand je ne comprends rien aux événements, je souris, je dis merci » (Carnet jaune) ; « C’est la confiance, rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour » (LT 197). Souvent me revient son attitude envers cette soeur de sa communauté qui, au moment de l’oraison, faisait un bruit régulier mais très désagréable… et que Thérèse a fini par intégrer à sa propre prière plutôt que de lui en faire le reproche : « Quand vient la tentation de se comparer aux autres, ce qui arrive parfois, même dans le service… Je me réfère à l’histoire du dé à coudre, comparé au grand verre d’eau. Ce n’est pas la grandeur qui importe ; l’essentiel, c’est que le récipient que nous sommes puisse être rempli à ras bord par la gloire de Dieu » (Ms A).
Dans l’expérience parfois décapante du service quand la crise est là, avec l’impression que tout et tous se « liguent contre moi » (les vents contraires qui se déchaînent ; les appuis, même les plus sûrs, qui s’absentent), il m’est arrivé de faire cette expérience inouïe de trouver au fond de moi une mer calme et paisible, sentant le regard de Dieu posé sur moi avec tendresse ; et de comprendre que même si les vagues, qui finalement ne sont qu’à la surface, continuent à faire du bruit, là, au fond, se trouve mon repos, mon refuge, ma vérité, en Celui qui sait tout. C’est alors que les mots de sainte Thérèse d’Avila viennent me conforter sur mon propre « chemin de perfection » : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante. Tout passe. Dieu ne change point. La patience tout obtient. Qui a Dieu rien ne lui manque. Dieu Seul suffit » (Ma vie).
Sinon, il y a tous ceux, « saints d’aujourd’hui », qui me devancent sur le chemin du service. Ces personnes dont la simplicité et la fidélité de l’engagement me touchent et me montrent un davantage. Que ce soit à la Fondation d’Auteuil, au sein de la Communauté de Vie chrétienne (CVX) ou au centre Saint-Hugues...
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