Quand le temps nous est donné...
VIVRE À SON RYTHME
DOSSIERS
LA CONVERSION
La conversion de chacun est un événement pour tous. Même si les récits de conversion racontent une aventure personnelle, ils ont pourtant une portée collective, ce que révèlent tant de vies de saints. Si l'appel à la conversion répond à une quête spirituelle, parfois à un désir intime, si elle se propose comme un bouleversement inattendu, la tâche de tout converti consiste à la laisser prendre place dans son existence, à la soumettre à l'épreuve du réel et à celle de la rencontre de frères et de sœurs. La conversion se déploie et se renouvelle ainsi au long de la vie, dans la fidélité à soi comme dans l'ouverture à l'autre et à l'Esprit qui fait naître le désir et le purifie. Cheminer de la sorte, c'est entrer dans la dynamique même de l'Esprit qui fait toute chose nouvelle, c'est accueillir la nature « débordante » de celui-ci comme le feu qui se répand. L'histoire d'Ignace en témoigne : seul, puis avec ses compagnons, il n'a eu de cesse de chercher à ouvrir à d'autres la possibilité de la rencontre intime de Dieu, en entrant en conservation avec eux. Toute expérience singulière de conversion s'insère dans une histoire collective plus large et contribue à la féconder. La conversion personnelle relie à d'autres et c'est dans l'expérience de la relation qu'elle prend corps. La conversion se mesure à son fruit qu'est la communion, même si cette dernière n'est jamais acquise. Ce mouvement personnel de conversion, qui s'inscrit dans une dynamique collective toujours à parfair...
LIRE ET MÉDITER
LA PASSION DE JESUS AU LONG DES QUATRE EVANGILES
Les éditions de l'Atelier, 2020, 494 p., 24,90 €.« Le Christ m'a aimé et s'est livré pour moi » (Ga 2,20). Combien, dans l'enseignement et l'expérience de l'apôtre Paul, la passion de Jésus est présente. N'est-il pas celui qui s'est retrouvé converti en entendant cette vérité fulgurante : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes » (Ac 9,5) ? La foi de l'Apôtre est fondée sur une expérience pascale qui ne peut faire l'économie du passage par la Croix.L'auteur nous invite à revisiter – dans les quatre évangiles – tout ce qui concerne cet événement incontournable, depuis les annonces de la Passion jusqu'à son déroulement. L'objectif n'est pas d'en faire une synthèse qui chercherait à savoir ce qui s'est vraiment passé, mais de regarder de près le vocabulaire, les convergences, les expressions difficiles. Les contextes ecclésiaux propres à chaque évangéliste sont en arrière-fond. Albert Rouet aime « faire chanter les mots » (p. 353), en notant leurs récurrences, en faisant bouger les images, pour en ouvrir le sens, au-delà de quelques simplismes qui enferment la souffrance de Jésus dans un dolorisme qui rachèterait l'humanité...